Camille Claudel ou le marbre doté de vie.
Un jour du mois d’octobre 1886, dans un atelier au 182 de la rue de l’Université à Paris, une jeune femme âgée de vingt-deux ans au regard farouche se tient droite devant un homme de vingt-quatre ans son ainé chez qui depuis trois ans elle travaille et étudie et dont elle est devenue la maitresse. Elle a posé devant lui un document rédigé de sa main, spécifiant que le signataire s’engageait à n’avoir qu’elle pour élève, qu’il ne fréquenterait plus Rose Beuret, qu’il n’exposerait aucune œuvre de Mademoiselle Camille sans son consentement, enfin et surtout qu’il s’engageait à la prendre pour femme au plus tard au mois de mai de l’année suivante. L’homme apposera sa signature sur le document sans en biffer le moindre mot, lui accordant son engagement pour chacune des clauses. Il n’en respectera aucune. Quelle est donc cette jeune femme qui en son temps parvint à arracher au sculpteur le plus connu de son époque pareil serment, à lui qui dans le monde des arts était tout ? Lui a...