Le destin miraculeux des artistes accomplis.
A la longue liste des écrivains et des poètes maudits dont la vie se résume à une succession de malheurs ou pour lesquels le processus d’écriture demande efforts et sacrifices s’oppose une autre sur laquelle on se penche d’autant moins que le tragique n’est pas l’épicentre de leurs biographies : celle des écrivains heureux et accomplis. Liste dans laquelle je me glisse. Quand écrire procure pareil sentiment de plénitude, ne demande absolument aucun effort, aucune préparation, aucune concentration, au point que d’être souvent interrompu en cours d’écriture n’altère en rien ni mon humeur ni ce que j’écris, et quand au travers d’une existence comme toutes les autres faites de hauts et de bas la note demeure optimiste, légère et combative, on peut sans hésitation s’autoqualifier comme je le fais ici d’écrivain accompli. Accompli en ce sens que l’écriture traduit son auteur quel que soit le sujet ou la forme littéraire choisis, et offre à celui-ci un contentement qui le rend de...