Fantôme de Marcel Chombier et méta-littérature : une bille en verre en lieu et place d'un cellulaire.

 

Rappelons pour les exégètes et praticiens de cette discipline vieille comme le monde qui se nomme littérature, et qui pour beaucoup de nos contemporains fut remplacée par la lecture quotidienne et frénétique en diagonale de ce petit bout de rectangle glissé dans la poche faisant office de disque dur externe pour ne pas dire de cerveau …

Rappelons l’existence au sein de cette dernière de ce qui se nomme méta-littérature, laquelle se matérialise en une œuvre qui se penche sur les mécanismes de l’écriture et de la lecture et réfléchit sa propre création.

Il est essentiel en ces temps où le méta a envahi la toile 2.0, celle où se glissent cafards, araignées, moucherons, moustiques et autres micro-insectes, de bénéficier d’authentiques créateurs. Les plateformes, toujours prêtes à réécrire le dictionnaire, parlent de ceux-ci comme de créateurs de contenu, le tuyau entendant ainsi domestiquer ce qui fait sa raison d’être c’est-à-dire ce fluide qui passe par ses boyaux et se répand sur nous autres.

A cette terminologie à la LinkedIn j’opposerai la terminologie originelle de créateur ; ce créateur qui quel que soit l’art, le support ou la technique transcende par essence tous les tuyaux, fussent-ils numériques.

C’est dans cette catégorie que se place Marcel, un créateur que je place dans cette catégorie qu’est la méta littérature, celle dans laquelle autrefois excella un certain Jose Luis Borges dont Fictions inspira une partie d’un autre chef d’œuvre, romanesque celui-là, Le nom de la rose de l’immense Umberto Ecco.

En quoi Marcel est-il en tant que plume un méta-auteur ? De quoi et d’où nous parle ce fantôme de Marcel Chombier qui nous confia être tombé dans un ravin et avoir pénétré un monde entre le nôtre et un autre au-delà du précédent ?

Pas vraiment là et pourtant toujours dans la cour d’école avec dans sa poche une bille telle que celles avec lesquelles il jouait enfant, et qu’en tant que fantôme il est à même de tenir dans sa poche.

Marcel nous parle de ce qui sur cette toile se crée, se narre, se construit, se déconstruit, c’est-à-dire s’écrit, également de ce rapport entre les différentes couches de lecteurs et d’acteurs, certains lecteurs, d’acier, entendant prendre la plume de ceux qui parlent et écrivent d’or. Loin de narrer une histoire qui n’en finit pas de se perdre dans les fils de la toile, Marcel, en hauteur, le nez relevé du guidon de sa bicyclette, non seulement consigne sur un registre ce qu’il perçoit et devine mais interroge l’auditeur sur le sens de ce qui se donne à lire : cette armée-là, est-elle maitresse dans l’intrigue ou tente-t-elle en détournant le narratif à son profit de s’accaparer tant le récit que la lumière d’autrui ?

Selon que l’on se mêle ou que l’on se tienne à distance d’un réel présenté comme étant la réalité, laquelle s’égare dans les reflets des égos et des algorithmes, l’on peut sur foi des confidences de notre cher fantôme mieux voir ce labyrinthe qui est celui de la lutte informulée entre écriture d’or et lecture d’acier.

L’on apprend le premier jour du premier cours en faculté de communication que le message traduit uniquement le destinataire de ce dernier et non l’émetteur. Cela, n’importe quel authentique créatif, fut-il fantôme, le sait. Tout autant, la multitude l’ignore.

Qu’importe : là où tant ont glissé dans la poche un cellulaire, d’autres ont dissimulé une bille en verre conservée comme une relique.


Photo crédit : Un sac de billes (Jacques Doillon - 1975)

Pourquoi les chevaliers d’or protègent CCH des chevaliers d’acier ?

Une création méta-littéraire signée Le fantôme de Marcel Chombier.




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