Meyer Habib ou le terrorisme identitaire.
On ne présente plus au public français cet ancien
député des français basés en Israël qui à ce jour ne détient plus aucun mandat
sur notre sol, que l’actuel premier ministre de l’Etat Hébreu intronisa naguère
comme étant son meilleur représentant en France, et que nombre de journalistes
et de personnalités surprirent, ce dont quelques brèves de la presse se firent
écho, assis sur le fauteuil de l’actuel chef de l’Etat avec un sans-gêne
tout-à-fait pittoresque.
Régulièment épinglé par l’hebdomadaire Marianne,
l’ancien député semble avoir fait de l’accusation d’antisémitisme une sorte de
cache-sexe brandi envers quiconque ose critiquer la politique colonialiste
conduite par Benjamin Netanyahou, également envers celui ou celle qui, taxant
ses excès, le renvoie à la caricature qu’il offre à échéances régulières non
seulement de lui-même mais de la frange la plus extrémiste de ce qui s’appelle
l’ultra sionisme auquel est rattaché cette personnalité de l’extrême droite
israélienne.
« Où il est le journaliste, que je lui crève
les yeux ? Où il est ? », tonna-t-il tandis que dans les
colonnes de Marianne un article le renvoyait non sans dérision à son apparence
de mère séfarade et donc de la célèbre Madame Serfati du regretté Elie Kakou.
« Pourquoi avoir fait état de
cette correspondance ?, lui répondra l’hebdomadaire. Précisément
parce que Meyer Habib « coche » toutes les cases des stéréotypes antisémites,
il nous a paru insidieux, dans cet exercice à charge, d’aligner ces éléments de
portrait en feignant d’ignorer que ces pointillés dessinaient une ligne qui
n’était pas la nôtre, mais celle des antisémites. On a voulu voir dans cette
clarification une prétérition. Rien n’est plus faux. Il s’agissait bien de
marquer notre différence, pour arriver au cœur de notre argumentation : « Nous ne reprochons pas à Meyer Habib d’avoir une identité, mais d’être un
identitaire. »
En d’autres termes, Habib, franco-israélien né à Paris
dont la famille est d’origine tunisienne, postulant face caméra la suprématie
de la race juive (laquelle, à l’écouter, est censée exister…) et
l’infériorité des palestiniens qu’il assimile à des «chiens », se réfugie
derrière l’accusation suprême pour tenter de faire taire toute voix
discordante, que ce soit sur la politique de son ami Netanyahou que sur sa
personne.
Se cachant sous le masque du parti actuellement dirigé
par Bruno Retailleau tout en adhérant à Jérusalem au Likoud et en recevant en
grande pompe localement en mars 2025 Jordan Bardella et Marion Maréchal,
l’identitaire suprémaciste Meyer Habib prend appui sur un drame épouvantable,
la Shoah, que ni lui ni les siens n’ont fort heureusement jamais connu,
également sur un poison qui a longtemps gangrené une partie de son pays
d’origine, la France, et qui effectivement connait des regains de poussées de
fièvre, pour faire taire toute voix discordante vis-à-vis du discours
identitaire qu’il porte et de la politique qui y est rattachée.
Ce faisant, incarnant par ses excès, par ses
outrances, par ses provocatrices saillies (on se souvient de ses sorties
tonitruantes hurlées depuis son banc au Palais Bourbon, encourageant la
poursuite du bombardement de la bande de Gaza) la ligne la plus extrémiste de
la politique israélienne, Meyer Habib est devenu un facteur d’aggravation on ne
peut plus explosif de la montée de cet antisémitisme qui sur notre sol fait en
effet des ravages. Et l’énoncé de ses sorties de route depuis 2013 est
tellement fourni que c’est à se demander comment on peut le laisser encore
pénétrer les synagogues françaises que la moindre de ses saillies met en péril.
Quand on y regarde de plus près, la carrière de cet
ancien terroriste du Betar qui à l’âge de vingt-cinq ans fut condamné à deux
ans de prison avec sursis pour avoir attaqué à coups de barres de fer et envoyé
pendant des mois dans un état de coma avancé un septuagénaire du Front National
n’a jamais vraiment quitté les rives du terrorisme. Au terrorisme d’une petite
frappe attaquant un vieillard à trente contre un a succédé celui de l’idéologue
identitaire qui fait de la moindre de ses tribunes un brasier où à l’ombre de
ses diatribes n’importe quel enfant juif se baladant kippa sur la tête dans les
rues de Paris risque de son fait une balle perdue.
Car le verbe de Meyer Habib, foncièrement et
exclusivement guerrier, constitue pour n’importe lequel de nos compatriotes de
confession juive une bombe à retardement. Invité sur nos chaines de télévision
tel un notable, Habib donne à quiconque cultive envers « le juif »
pris dans son acceptation la plus générique une forme de ressentiment
l’impression d’incarner ce dernier. La moindre de ses prises de position
constitue de part ses obsessionnelles dénonciations un hold up sur la totalité
de cette salade composée qu’on nomme par commodité de langage la communauté
juive française dont il annexe de force la copropriété.
Pour l’antisémite en herbe, Meyer Habib et juif c’est
pareil. C’est en cela que le terrorisme intellectuel et surtout identitaire
pratiqué par le député du Likoud fait plus que poser problème.
On voit bien la tentative du Likoud de mettre en avant
le RN dont Meyer Habib a annexé depuis sa visite en mars 2025 la jeune pousse,
à savoir ce Jordan Bardella à propos duquel il lui est récemment arrivé de
chanter les louanges avec ses gros sabots habituels sur l’antenne de BFM TV.
Faux nez des LR au sein desquels il fait le coucou, Habib entend faire en
France la pluie et le beau temps et influencer le scrutin de 2027, après avoir
eu son rond de serviette jusque assez récemment à l’Elysée.
Cette tentative d’ingérence visible à l’œil nu, fait
évidemment le lit des extrêmes comme de l’antisémitisme. « Vous
voyez bien que les juifs contrôlent tout », persiflera l’idiot
utile devant le spectacle d’un juif à l’antenne sur une chaine de télévision
privée hier encore propriété d’un autre franco israélien, Patrick Drahi pour ne
point le nommer.
Et d’amalgamer Habib à toute une communauté. A
laquelle, je le répète, il fait un tort infini.

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