Tocards du web : Jim le veilleur
Difficile quand on passe du temps sur YouTube, TikTok
et équivalents d’éviter ce « veilleur non silencieux » renommé «Jim
le veilleur », alerteur auto-proclamé de la sphère complotiste
particulièrement présent pour ne pas dire offensif sur la toile. Il est vrai
que Jim a comme qui dirait une boutique en ligne sous-jacente à refourguer en
loucedé à ses nombreux auditeurs.
L’individu ne s’est jamais caché d’avoir colorié
pendant des années tous les ouvrages de la théosophe Alice Bailey, lesquels
sont en toute vraisemblance les seuls livres présents dans la bibliothèque de
ce peu cultivé vidéaste basé depuis 2007 à Marrakech. En bon adepte du New Age,
Jim le Veilleur est ce qui s’appelle un boutiquier qui sait faire tourner son
petit business, lequel doit lui rapporter (ce fut annoncé par lui-même
comme un objectif) dans les 7000 euros mensuels.
Il y a donc le produit d’appel (les revues
dites de presse interminables et quasi quotidiennes où le gourou de Marrakech
nous fait une lecture d’un best of des sites de trolls russes, de
télévangélistes made in USA et autres complotistes très souvent placés à la
droite de la droite auxquels il est abonné) pour attirer le chaland,
et puis il y a le business de « veilleur market ».
L’ère du grand n’importe quoi étant plus qu’ouverte et
pas depuis hier (avec une simple connexion on peut ainsi s’auto
persuader qu’Hillary Clinton bouffe des nouveaux nés entre deux pizzas), la
petite entreprise de Jim ne connait pas la crise.
Un coup d’œil dans le rétroviseur nous permet d’appréhender
les failles de ce personnage qui en bon gourou joue depuis des années sur la
peur d’un effondrement notamment financier tout en parlant lui-même en
permanence d’argent et de gains faciles à obtenir en dormant, ce qui pour un
pourfendeur des Rothshchild qui font exactement la même chose que lui ne manque
pas de piquant.
Ancien adolescent de son propre aveu efféminé, raillé
par les garçons et ignoré par les filles, Jim part dans la vie frustré. Il a
une sœur qu’il méprise mais qui travaille chez FR3 où elle réussira à placer
Jim pour une composition musicale on ne peut plus anodine.
Celui-ci, adulte, se lance dans la musique. Ce sera le
chant et le piano. Il fera partie de petites tournées sur la Côte d’Azur, se
mariera avec une femme qu’il tâchera de dompter mais qui lui résistant finira
par le tromper puis par le quitter. Machiste dans l’âme mais peu sûr de lui,
Jim ne sait toujours pas y faire.
Il finira par prendre la tête de sa petite troupe de
musiciens et, de son propre aveu, cultivera un management de type autoritaire,
ce qui avec une population d’artistes est la dernière chose à faire. Ceux-ci
attendront le bon moment puis lui pèteront collectivement dans les doigts au
moment où il a le plus besoin d’eux.
Bref Jim échoue tout le temps. En France, et notamment
sur la Côte et dans le métier où son caractère agressif et autoritaire le
dessert, il est grillé. Ce sera le départ pour Marrakech. Quand un pervers
narcissique est démasqué, il n’a d’autre choix que de déménager.
Depuis le Maroc il se rapprochera d’Egalité et
Réconciliation. En bon frustré, Jim a besoin de se désigner des ennemis de
l’intérieur. En cela la vulgate soralienne lui apporte des cibles sur un
plateau d’argent : ce seront les gauchistes (comme ses anciens collègues
musiciens), les féministes (comme sa première épouse), les juifs (sans doute y
a-t-il quelque épisode à creuser du côté de son inaptitude à percer dans le
show business), les homosexuels (histoire d’oublier à ses propres yeux
qu’adolescent on le prenait pour un d’entre eux).
D’Egalité et Réconciliation il recevra en
2019 une quenelle des mains de son Dieu Dieudonné puis ira l’interviewer dans
sa loge non sans au sens propre astiquer ladite quenelle posée
malencontreusement sur ses genoux pendant toute la durée de cet échange filmé
en présence du comique camerounais.
Voilà pour les bases. Passons au boutiquier.
On peut parler d’un avant et d’un après 2019.
Avant la rencontre avec Karim Benabdelkader et le
sulfureux jeton Zynecoin dont le cours actuel est passé sous la couche d’ozone, Jim
le veilleur est un timide chanteur de piano bar qui se présente à un auditoire
comme un spécialiste de l’ésotérisme. Etant à l’écouter passé par les Rose
Croix, adepte de la théosophie, luciférien, il offre alors un patchwork de
toutes les croyances les plus farfelues qu’on peut trouver sur la toile :
Anunnakis et extraterrestres, vilains youpins tirant les ficelles de notre
monde, gentil serpent cherchant à libérer Adam et Eve du jardin d’Eden. Ça
flirte avec l’antisémitisme et le complot judéo maçonnique mais ça reste bon
enfant. Jim, un ancien cancre élevé à Saint Ouen et passé par les bals musette
de la Côte d’Azur n’étant pas très à l’aise et son public pas encore captif au
point de se faire régulièrement plumer financièrement, rien de bien méchant.
Son implication comme apporteur d’affaires pour le
Zynecoin (12,5% de commissions qu’il niera longtemps de toucher avant
de concéder ne pas faire cela uniquement pour les beaux yeux de l’Afrique que
ce shitcoin était supposément censé sauver) va tout changer. Les
comptes en banque de Jim s’emplissant sans faire grand-chose si ce n’est en
parler tous les jours sur ses chaines (on parle d’un job
d’influenceuse), l’égo du complexé vidéaste va connaître une subite
inflation : les poches pleines, le voilà éructant, grossier, agressif,
clashant quiconque ose émettre sur son propre chat la moindre question
n’abondant pas dans son sens.
D’aucuns comprendront assez vite que ce médiocre
musicien quinquagénaire qui tartine à qui mieux mieux sur son prétendu désintéressement
ne pense qu’à l’argent. Assis sur une communauté riche de plus de 20 000
gogos qui avalent ses couleuvres depuis dix ans, Jim voit enfin poindre la
reconnaissance qu’il espérait depuis tout petit.
En bon gourou d’une secte de petites cervelles il se
satisfait de se savoir important. Mais rien ne vaut la vie de nabab d’un
expatrié qui vit dans le quartier « pour blancs » du Guéliz à
Marrakech où les seuls marocains que l’on aperçoit font le service.
Second couteau transparent en métropole, Jim a fait ce
que beaucoup de médiocres avant lui ont fait : se déporter dans un pays
moins développé que le sien où briller en société est un peu moins compliqué.
Et là, avec la manne du Zynecoin, fini le piano bar et les clients qui parlent
à cinq mètres de ton nez quand tu chantes : tu peux enfin te payer ta
table et ta caisse de champagne en tête-à-tête avec ta jeune et charmante
épouse asiatique.
Foncièrement naïf et totalement ignare en affaires,
Jim, qui s’imagine être l’équivalent du directeur commercial de son jeton
numérique bidon, ne verra pas le coup de vice que lui fit en avril 2019 le roué
Dieudonné en lui remettant à la dernière minute un trophée à son Bal des
Quenelles. Attirer Jim lui permettait d’attirer l’équipe du Zynecoin en leur
faisant croire à un partenariat puis de leur glisser dans les pattes son propre
fils Merlin, lequel Merlin leur pompera le maximum d’idées pour les doubler
dans la foulée avec un jeton labellisé Dieudonné, le Sestrel. Le Sestrel, comme
le Zynecoin, se plantera, mais permettra comme pour le Zynecoin d’accroitre la
fortune de son créateur.
Une fois identifié à la galaxie Dieudonné, notre
influenceuse théosophe marrakchi se retrouve dans la ligne de mire des
défenseurs de l’Etat Hébreu et de la communauté juive, laquelle, relevant les
propos antisémites et les appels à la haine fréquents du vidéaste préféré des
mamies en HLM, déposera plusieurs plaintes contre l’expatrié aux poches aussi
pleines que trouées.
Car Jim, piètre gestionnaire qui toute sa vie a galéré
de restaurants d’hôtels en bals musettes, ne sait pas ce que c’est qu’investir
et mettre ses gains à l’abri. Pensant naïvement être ad vitam assis sur une
rente de situation, il dilapidera bien trop en peu de temps, entrant ainsi dans
une spirale où il conviendra dès 2021 de diversifier ses sources de revenus.
Ne décollant guère, son Zynecoin attirera énormément
de naïfs issus de sa communauté jusqu’au moment où il n’y aura plus une goutte.
Qu’à cela ne tienne, Jim sur deux ans leur proposera pas moins d’une vingtaine
de ponzis grâce auxquels il empochera de sympathiques parrainages, auxquels se
rajouteront des cures métaboliques en MLM (marketing de réseau) et
autres poudres de perlimpinpin liées à la santé.
Prudemment, le CEO du Zynecoin, voyant l’@ réputation
de Jim gonfler à l’hélium dans un sens peu favorable, prendra ses distances
avec sa Nabila du complotisme bas-de-gamme à la mi 2023. Il faut dire que la
diversification des produits vendus par Benabdelkader ne donnait plus
grand-chose du côté de la communauté de notre complotocard préféré, et que
celui-ci, mû par un tempérament on ne peut plus changeant, multipliait caprices
et bouderies non sans étaler face caméra ses états d’âme.
Jim nous vendra coup sur coup trois réseaux sociaux.
Le gourou de Marrakech étant devenu à ses propres yeux un alerteur de
conscience de premier plan (toujours cette inflation de l’ego), il
lui fallait son réseau dédié. Il confiera les deux premiers à deux
débutants (le second lui avait avoué avoir fait de la taule, ce qui
pour s’improviser comme développeur est en effet un sacré atout) sans
aucun appel de devis, et fera intégralement financer les projets par ses
followers sans lui-même y mettre une roupie.
Au passage, il pourra s’offrir une moto flambant neuve
à plus de 30 000 euros puis tel un adolescent sans surmoi s’en vanter
avant de rétropédaler.
Le premier développeur partira avec la caisse de ce
réseau, mais notre Jim conservera par devers lui pas mal d’USDT. Toujours ça
d’empoché ! Puis s’excitant comme si lui-même avait perdu un sou, il
financera un cabinet d’avocat pour finalement ne parvenir à rien récupérer.
L’année suivante, rebelote avec son développeur en
carton sorti de taule, lequel fin 2024 lui piquera son portefeuille de
Zynecoins.
Ce qui donnera à notre cher Jim l’idée saugrenue de
faire chanter le CEO du Zynecoin début 2025 afin de lui réclamer que celui-ci
lui reverse des jetons auxquels il avait contractuellement droit au même titre
que les salariés du projet dès lors que le jeton dépassait les 5 dollars. Ce qui
était loin d’être le cas lors de cette tentative d’extorsion de fonds, Jim
faisant peser un chantage sur les épaules de son ancien associé :
« Si tu refuses je convaincs ma communauté de retirer ses billes ».
Pas effrayé pour un sou et parfaitement au courant que
son ancien apporteur d’affaires ne déclarait rien notamment au fisc marocain,
Abdelkader lâcha le morceau face caméra et fit rentrer l’apprenti maître
chanteur à la niche.
Jim actuellement s’est recentré sur ses seules
compétences de charlatan en pratiquant ce qui s’appelle de l’exercice illégal
de la médecine. L’ancien conseiller financier s’est mué en thérapeute en
carton, arguant d’un diplôme qu’il avait obtenu quelques années plus tôt dans
un centre non agréé de médecine dite chinoise dans lequel notre cossard avait
posé ses fesses un peu moins de deux cent heures à raison d’un weekend par
mois. Autant dire un morceau de papier qui sur un plan scientifique ne vaut
rien mais à partir duquel le gourou qui joue sur les peurs et sait se déguiser
en bienfaiteur de l’humanité peut jouer en orfèvre.
Sur un public dont il a lavé le cerveau depuis des
années, rien de plus simple. La consultation par téléphone dure une demi-heure
et coute la modique somme de 50 euros.
Il ne perd pas le nord, notre complotocard
préféré !

Un mouton de Jim le veilleur en pleine action sur son clavier un samedi soir …
ReplyDelete@CapraIl y a 1 heureTu te plantes, je ne parlais pas du tout de lui...Répondre00
@CapraIl y a 1 heurePour ton lien, là, cela ne s'appelle t il pas de la diffamation?
Une belle langue de pute ce gars, il mériterait peut etre aussi un article...
Et puis il vit ou lui?
En France?, pas sur...
Franchement, tu aimes la merde apparemment, sinon, tu ne serais pas là à baver sur les gens...
Et puis perso, j'aime pas trop qu'on me dise ce que je dois faire et penser, donc ton blog, tu peux te le carrer ou je pense.
Salut le baveur...