Extrait de LE CREPUSCULE DU GRAND CHARLES (une pièce de théâtre de Christophe Cros Houplon - 2018)

 

Des veaux, ce sont décidément des veaux ! Cette chienlit déchainée telle des hordes de barbares et qui casse, détruit, pille, macule le bien d'autrui, le bien public, de nuit.

Ah chère Yvonne, je me désole de ce qui arrive à cette France que j'ai longtemps tâché de mettre à sa hauteur. Avec ce sentiment, jamais départi, de me faire quelque illusion. Comme si porter haut le flambeau entrainerait un abaissement. Lequel n'a pas cessé, en dépit de certaines apparences.

Ce Mitterrand, cette arsouille, celui-là, Dieu que je l'avais bien jaugé ! Un florentin qui aura fait entrer le loup dans la bergerie. Ils ont bêlé et l'ont réélu.

Quelle désespérance !

Me voilà tranquille. Depuis les cieux je contemple l’âme en peine la destruction de ce si beau pays que j'ai eu l'honneur de présider onze ans durant. Oh, ce fut trop tard, j'aurais tant aimé ne pas être chassé au lendemain de la libération par ces partis godillots. Là j'aurais pu faire vraiment barrage, de tout mon corps, contre cet envahisseur étoilé.

Les anglais, notre ennemi historique, et ce vassal d'outre atlantique, Churchill, Roosevelt, ces êtres roués que j'avais connus … Monet, Schuman, je les avais tenus à distance, je n'étais pas revenu au pouvoir, et n'avais pu faire autrement que freiner leur dessein sans le changer, et amuser la galerie en faisant celui qui saute comme un cabri sur une chaise.

L'Europe, l'Europe ! Ah ce fut un bon numéro. Je passais des heures à apprendre ces textes, après les avoir soigneusement rédigés.

La parole d'un Chef d'Etat se doit être exemplaire. Je devais la ciseler, la rendre rare, point martiale mais ample et riche. Notre belle langue le permet.

Ce roitelet, ce monarque de pacotille, ce Macron : comment ont-ils pu tomber aussi bas ? J'avais en son temps, je m'en suis voulu plus tard, avais-je alors le choix, moi aussi fait venir un ancien de la Banque Rothschild afin de composer et de diriger le gouvernement de la France. Mais ce Pompidou, pour fourbe qu’il fût, ne manquait pas de densité. Il était l'ami des poètes et des artistes. Je ne puis lui ôter une certaine forme de noblesse.

Alors que cet être qui s'est assis sur le trône et se pavane nous livre à la City et aux marchés. Quelle désespérance ! Il pérore, se dresse sur ses ergots, fait la leçon à des militaires. Il a osé ! Cette chienlit de hauts fonctionnaires ose tout.

Ah Dieu, oui Dieu, pourquoi les as-tu abandonnés, que ne m'as-tu permis, à moi, ton serviteur, de les mieux accompagner, et de ne pas avoir péché par orgueil ? Ce départ grandiloquent, un an avant ma mort : était-ce vraiment ce qu’il aurait fallu faire ?

Au fond cela n'aurait rien changé.

A présent, me retournant sur un passé de gloire, j’observe l'œil sévère ces temps d'infortune. Mes concitoyens, la plupart d’entre eux, se sont livrés à des marionnettistes désolants de malfaisance.

Je le vois, car de politique je n'ai jamais eu que la parure, le combat est spirituel. Il nous faudra aussi bomber le torse et prier.

Entends ma voix, O Marie Mère de Dieu, entends ma prière, et guide mes pas. Fais-moi, ô rien qu’un instant, redescendre parmi eux, pour donner de la voix. Un nouvel appel, plus fort encore que celui du 18 juin. Un appel du cœur et un cri de guerre, pour mes chers français. Un cri qui ferait résonner leurs entrailles recouvrant leur appartenance à la nation ô combien sublime, dont sans le savoir ils se sont détournés par négligence, par absence de repères, du fait de voix mensongères.

Ah que je serais vaillant, je ne reculerais point ! Je pénètrerai l’Elysée livré aux ennemis de la France.

Personne n'oserait se dresser sur la route de celui qui fut autrefois le libérateur de la France.

D'un regard courroucé, je les chasserai tous. Il n'y aurait pas une goutte de sang versé, seulement la grandeur, celle de la France, fille ainée de l'Eglise, rendue à elle-même.





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