Jean-Luc Mélenchon préempte la carte antisémite

 

Le 26 février dernier, deux semaines après l’assassinat de Quentin Deranque, jeune militant âgé de 23 ans classé à l’extrême droite par des Antifas en toute vraisemblance pilotés par l’attaché parlementaire d’un député LFI, Jean-Luc Mélenchon est revenu à Lyon sur les lieux du crime distiller son venin.

Après avoir demandé au Ministère de l’Intérieur la dissolution du collectif Nemesis coupable à ses yeux d’avoir allumé l’incendie puis à nouveau assuré La Jeune Garde de son soutien, le voilà qui, tel Charles Pasqua lançant une affaire dans l’affaire afin de détourner l’attention, se lance dans une diatribe aux relents antisémites. « EPSTEIN », lâche-t-il sous contrôle en insistant bien sur la sonorité de STEIN, étant donné que les médias, sous-entendus liés aux juifs, prononcent ce STEIN : STINE. « Allons-nous devoir parler non de FrankenSTEIN mais de FrankenSTINE ? ».

D’aucuns parmi les commentateurs parlèrent aussitôt de « dérapage ». On est ici non pas dans un jeu de mots comme Durafour crématoire, mais dans un jeu de sonorités dont le sous-jacent antisémite est plus qu’entendu. D’ailleurs il donnera immédiatement lieu dans la salle à un écho : celui du rire.

Alors, dérapage, vraiment ? De la part d’un vieux briscard comme Mélenchon, vous êtes sûr ? Ou élément de langage à destination de bien-entendants, c’est-à-dire ceux qui pensent comme lui veut qu’ils pensent comme de « ses et donc nos ennemis ». Car dans la vulgate du leader de LFI il y a nous et il y a eux, et entre nous et eux c’est la guerre, idéologique, sociale, sémantique et maintenant acoustique.

Cette diarrhée guerrière et radicale qui est celle de Jean-Luc Mélenchon, faite pour cliver, pour opposer, pour épurer, pour désigner l’adversaire, non par son nom, mais par l’ombre acoustique de ce dernier, répond à une problématique électoraliste simple : outre prendre la totalité de la gauche en otage en la contraignant à tourner autour de lui, que ce soit avec ou contre selon les intérêts et les contingences du moment choisi, mettre la main sur le vote des banlieues et des musulmans de France, qui sont, nous le savons, numériquement bien plus nombreux que les membres de la communauté juive. Entre 3,5 et 6 millions d’un côté contre 500 000, le calcul est vite fait.

Ayant échoué à se faire adopter par les gilets jaunes dans le 1er semestre 2019, le cynique Mélenchon a opéré au grand remplacement de sa cible, électorale, s’entend. Ce seront les musulmans. Tous les musulmans. Y compris les plus extrémistes d’entre eux. Sa défense aveugle et radicalisée de la cause palestinienne est à comprendre à ce prisme. Les palestiniens tout comme les musulmans, cet ancien trotskiste s’en fiche autant qu’il se fichait hier des travailleurs en usine qu’il méconnait et qu’il méprise. Ce qui compte aux yeux de cet admirateur du sanguinaire Robespierre, c’est comme son modèle de désigner un ennemi de l’intérieur et de se définir en opposition frontale contre lui. Et de fait de s’adjoindre en soulignant à force de sous-entendus tous les poncifs antisémites celles et ceux qui se disent victimes de cet imaginaire ennemi. Il le fait d’autant plus cyniquement qu’à titre personnel il n’est fort heureusement pas antisémite. Il a simplement adopté les codes du créneau sur lequel il entend poser son joug, et de diatribes en discours, accumule les jalons et les sous-entendus.

Depuis qu’il s’est fait virer du Grand Orient de France, Frère Jean-Luc, hier bouffeur de curés, a lâché les amarres : refus de condamner le Hamas, accusation de nos forces de l’ordre d’être les suppôts du Grand Capital, et évidemment agitation sous couvert de clins d’yeux à la prétendue pieuvre juive censée tout tenir. La Finance (EpSTEIN ...) ce sont les juifs, le Capital ce sont les juifs, les inégalités sociales ce sont les juifs qui si j’ai bien suivi le sous-texte de sa vulgate commanderaient le CAC 40, les médias, ce sont la propriété des juifs.

Et nous les insoumis nous sommes la bande de Gaza made in France.

Evidemment, le concert de commentaires négatifs sera par la bouche du pyromane à la tête de LFI à comprendre comme une nouvelle preuve de la justesse de ses constats. La technique consistant à provoquer pour ensuite se faire passer pour la victime, un certain Jean-Marie Le Pen, dont Mélenchon épouse actuellement toutes les ficelles, nous y avait habitués. Tous deux prétendument antisystème, tous deux populistes, l’un de droite, l’autre de gauche, tous deux passés maîtres dans l’art d’attirer à eux le scandale, tous deux assis à titre personnel sur un impressionnant magot tout en parlant populo, enfin tous deux excellents tribuns férus d’histoire.

L’on peut aussi comme je le fais établir un parallèle entre ces deux reflets inversés que sont le premier Président du Front National et l’actuel tireur de ficelles de La France Insoumise. Il est singulier de constater que l’un puis l’autre surent tirer sur les mamelles de cet antisémitisme larvé : celui de la France Catholique pour le premier, celui né depuis la naissance d’Israël pour le second.

Entendre Mélenchon et les siens hurler à tous bouts de champ au retour du fascisme dans un pays, la France, où celui-ci est epsilonesque, tout en adoptant des réflexes et des postures de type épuration ethnique à la Joseph Staline ou révolution culturelle à la Mao Tse Toung a de quoi faire sourire.

Décidément, La France Islamiste version Merluchon a de beaux jours.







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