France 2026 : affaire Lyhanna et concours d'indécence.

 

C’est comme une éternelle répétition de la même affaire à peu de choses près.

 

La mort de cette adolescente de onze ans précipite le royaume dans la stupeur et jette ses responsables dans un concours Lépine d’ouvertures de parapluies en tous genres. A l’opinion réclamant à corps et à cri des coupables les pouvoirs répondent en cascade : « C’est pas moi c’est l’autre ». C’est à qui se défaussera le mieux sur le voisin.

 

« Justice laxiste », crie Télé Boloré, reprise en écho par le Garde des Sceaux convoquant Place Vendôme en catastrophe un panel de robes noires, lesquelles lui collent sous le nez la baisse de moyens. « C’est pas une affaire de sous mais de lenteur », rétorque le ministre en sortant d’un dossier un texte qu’il avait pondu à sa prise de fonction sur son implication contre les violences faites aux femmes et aux enfants. C’est simplement une note d’intention c’est-à-dire un bout de papier mais cela vaut dédouanement sur un plan politique, d’autant que nous savons que depuis 2013 le fil est rompu entre Chancellerie et Parquets quant aux instructions.

 

Les médias, sortis de leur indifférence à ce sujet sur lequel ils se jettent dorénavant, lâchent un pavé histoire de faire vendre du papier : le tueur n’avait jamais été convoqué, une gendarmerie avait menacé la mère d’une victime de déposer plainte contre elle suite à son insistance, le parquet en province mis en cause a l’air de vivre à l’ouest par rapport aux échanges numériques et communiquerait encore par pigeons voyageurs.

 

Ça y est, on s’écharpe, on s’accuse, on désigne des coupables, on construit des potences, M le Maudit est dans la nature, les braves gens veulent du sang, leurs responsables politiques obtempèrent et leur emboitent le pas. On va créer un nouveau Parquet … On va augmenter le budget de tant … On va créer une commission d’enquête … Un numéro vert … On lance une enquête administrative et les coupables seront châtiés.

 

L’adolescente est à peine enterrée que nos responsables, passant par-dessus son cadavre, se comportent telles des charognes et plantent dans son corps pas encore décomposé leurs dents acérées. A ceux qui se défendent d’y être pour quoi que ce soit répondent ceux qui y cherchent quelque avantage. A un an des présidentielles il y a matière à se faire mousser. On patauge dans l’indécence : aucun de ceux-là ne respectera le temps d’un deuil, ils enjambent un corps froid, plantent leur drapeau et commandent en coulisses des sondages.

 

Attentée sexuellement l’adolescente l’est tout autant médiatiquement que sur un plan politique. C’est à qui gagnera ce concours de l’indécence où se taire et se recueillir est la dernière chose à laquelle ces vautours pensent. Tant qu’il y a un petit billet, un petit article, un petit +1% au baromètre, une petite augmentation budgétaire à se faire …




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