Confessions II : le coup de maître inattendu de Madonna.
Quinzième album studio de la Queen of Pop (16ème en comptant I’m breathless) venant après vingt ans d’albums
bien plus faibles à la traine des modes (Hard
Candy, 2008 – MDNA, 2012 – Rebel Heart, 2019 – Madame X, 2019), Confessions
II, suite du dernier chef d’œuvre de Madonna, Confessions on the dancefloor (2005), également produit par Stuart
Price, fête le retour au sommet de celle qu’on avait enterré un peu tôt et qui
à 67 ans vient de réussir un authentique coup de maître salué par la critique
musicale du monde entier.
Loin d’imiter les sonorités disco de l’opus précédent (le sample Gimme
gimme du groupe Abba sur le single Hung
up …), cette seconde confession, set de plus d’une heure comptant 16
morceaux enchainés sans interruption, penche tantôt du côté de la trance électro
psychédélique tantôt vers la fin de balades apaisées, allant jusqu’à emprunter
sur le titre Betrayal certaines notes
des Gymnopédies d’Erik Satie.
On sent, tandis que se succèdent des pistes aux dimensions sonores propres
à l’univers de la scène électro, l’influence new yorkaise correspondant aux
premières années de celle qui au départ songeait être une danseuse et qui à l’époque
(je parle du tout début des années 80) hantait les discothèques homosexuelles
branchées de la ville qui ne dort jamais.
Dans Confessions II, Madonna nous
replonge dans la fièvre de ces années du Studio 54 (le titre Danceteria rend hommage au club éponyme,
un club mythique sur trois niveaux où se produisaient des groupes devenus
légendaires) où dans le droit fil de Stonewall et des conquêtes de la
communauté homosexuelle sur fond d’apparition du SIDA le monde, tel la vie de
la chanteuse, s’ouvrait en grand. Confessions
II, c’est en quelque sorte un retour aux sources mis en perspective avec le
recul de quarante ans de carrière qui revisite toute une époque, celle où les
corps se libèrent sur les dancefloors, adoptent un langage propre, s’enchainent,
se heurtent et se frôlent sur des sonorités endiablées.
Les textes de ces seize titres sont autant d’appels à la tolérance, à la
capacité à s’inventer et à se réinventer, ce que permet le monde de la nuit,
celui de ces pistes de danse où une inconnue venue du Michigan va petit à petit
se métamorphoser en une icône de la pop, et où n’importe quel anonyme peut à
tout moment étinceler. I feel so free,
Good for the soul, Love sensation sont autant d’occasions de se remémorer
ces nuits sans fin s’achevant au matin devant une tasse de café.
Plus l’album avance vers sa conclusion et plus l’émotion va poindre le bout
de son nez et avec elle une forme d’apaisement. Un magnifique duo en français
avec Stromae(My sins are my saviour),
une gymnopédie (Betrayal), enfin l’apparition
de Lourdes, la propre fille de Madonna (L.E.S
Girl, un titre étonnamment pop, très différent de tous ceux qui l’ont
précédé mais parfaitement intégré à l’ensemble).
Confessions II s’achève sur cette main tendue à la
génération suivante, à la chair de sa propre chair. L’icône transmet le témoin.

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