LA CAGOLE (extrait de LA COMEDIE HUMAINE de Christophe Cros Houplon - 2018)
Maquillage « rose vif voiture volée »,
peinturlurée, poudrée, épilée, cramée au four-à-micros-ondes, revêtue d'une
jupette ras-la-touffe, d'un bustier serré au lacet sur les lolos, de serre-tête
et d'une veste jeans, juchée sur des talons flamant-rose la faisant chuter au
moindre pavé, la Cagole, dérivé humanoïde de la perruche « avé-lassent »,
fait les cent pas sur la Cannebière armée d'un immense et bordélique
sac-à-mains et d'un Xphone spécial selfie dernier cri.
Dotée d'un organe vocal poussant vers les aigus et d'une
phénoménale capacité à rouler les R, la Cagole shampouineuse fait concurrence à
la gru de quai sans vouloir lui piquer son business.
Aussi fluorescente qu’un bonhomme Cofiroute, cette
caqueteuse enjôleuse, authentique attentat sonore sur talons, fait autant
partie du décor que les malfrats aux costumes blancs et aux chapeaux Scarface.
Peu diplômée mais peu avare de mots dégueulés, la Cagole
Marseillaise, produit Cordon Rouge local livré sans code barre, animera rues et
terrasses de café de ses braillements, de ses exclamations, de ses
gesticulations et de ses vocalises suraiguës.
Cette caricature de transgenre méditerranéen est à la
femme ce que le marteau est au clou : une Afida Turner locale, peu voire
pas importable, sauf dans des salons de manucure bas de gamme.
Pourvoyeuse d'infos de première main sur le look, la
mode, les people, la psychologie, le programme de CNEWS, cette intellectuelle
est le sparadrap du Capitaine Haddock. Une fois qu’elle sera lancée, impossible
de lui couper la chique ! Spécialiste des phrases sans point, la
commentatrice n'aime rien tant que donner à tous bouts de champ son avis sur
les choses, les sujets futiles et les accessoires.
Bonne copine, spectatrice assidue de Plus belle la vie, cette
serial killeuse de notre patience mitraille des envolées lyriques à la mode
gallinacées dont elle épousera la crête, le triple menton ainsi que les graines
dont elle raffole.
Aimant minauder, croasser, glousser, se poudrer le nez et
se refaire les ongles des pieds en posant ses Platform-shoes sur la table, elle
fait davantage qu’occuper l’espace, elle l'annexe.
Bridget Jones dans l'âme et Conchita Wurst dans les
faits, la créature entre deux âges, deux sexes, deux maris, deux cocktails, deux
antidépresseurs a tout de l'oie blanche sous acide.
Autant le savoir : avoir pour les fêtes cet arbre de
noël sur pattes équivaudra à la traversée en 1912 sur le Titanic avec les
barques trouées. L'accueillir en tête-à-tête impliquera que Médor et Caroline
la tortue finiront tous les deux candidats au suicide.
Lui faire pondre un fils équivaut à avaler un cachet LGBT
prénatal, tant la castratrice fluo a tout de la « môman à
pédouillou ».
Avec elle, un breakfast et ce sera l'indigestion, un
déjeuner entrainera l’évanouissement, le diner un attentat à la pudeur, la nuit
l'assurance de trouver sa zigounette dans la poubelle de la salle de bains au
petit matin.

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