Projections dans le Haut Astral (Extrait de PANDORA de Christophe Cros Houplon - 2023)
Voilà. Nous sommes sortis sur la pointe des
pieds, avons refermé la porte et sans réveiller qui que ce soit nous nous
sommes réalignés, ensemble et séparément, sur la même vibration. Élevée,
celle-là, et ne souffrant aucune fausse note.
Lorsque l’éblouissante
et silencieuse lumière s’est en nous allumée, nous avons en un seul et unique
souffle purgé hors de nous certaines toxines. Les sachant nombreuses au dedans,
et les acceptant comme la partie d’un tout, une pièce de l’être qui peut par peaux
mortes tomber au sol au gré des vents, sans se presser.
L’espace-temps en lequel
nous avons pénétré a fait comme un accordéon, il s’est rétracté avant de
s’ouvrir béatement en lâchant une note faisant trembler les parois de
l’univers. Laquelle, dans la réverbération acoustique des notes prodiguées les
unes dans la continuité des précédentes, nous révélera être non une paroi, mais
son absence.
Les échos se perdent
dans l’infini avant que de revenir tel des boomerangs et de faire trembler la
terre. Et dans quelle dimension sommes-nous ? La vision nous offre une
perspective étourdissante, comme si le monde était devenu un kaléidoscope
phosphorescent tournant en tous sens, traversé de sonorités aux reliefs
infinis, comme sous l’eau, à des milliers de mètres de profondeur se révèlent
les trésors qu’en surface on ne voit ni n’entend point.
Nous avons quitté
l’égrégore et ne le nourrissons plus. A notre réveil celles et ceux que nous
avons laissés derrière nous grognent, trépignent, crient de rage. Les masques,
un court instant de colère astrale, semblent arrachés, et la peau en dessous
lacérée. L’attaque fut violente mais si prévisible, si désolante qu’elle se
heurta à notre indifférence. Chacun rentra tout en claquant la porte, plein de
courbatures, et puis leurs cauchemars donnèrent la becquée à cet égrégore
mauvais qui d’eux s’est emparé.
Nous ne nous sommes
point retournés sur eux, nous ne le pouvons plus, quand bien même nous le
souhaiterions. Notre regard est porté vers l’en-dedans, il fait croître tel un
bourgeon la sève qui était présente dès l’origine de tout être comme de toute
chose. La mère nourricière est à présent en nous, et nous allons, nous, enfants
nés dans le ventre de notre mère, à notre tour connaître ces contractions nous
conduisant à un long et intense accouchement. Celui, à partir de notre Être
Divin dispensant sa lumière.
Depuis cette civilisation,
construite à côté de la précédente, et qui précède sa ruine de quelques années.
Quelle aventure que
cette aventure intérieure qui nous relie ensemble et nous relie au Tout !
En ce nouveau monde, qui n’aura plus aucun lien d’avec le précédent, nous
communiquerons comme les chats, sans les mots, par télépathie, en frémissant de
nos moustaches et en clignant des yeux. D’un battement de cil nous pourrons des
nuages faire tomber la pluie de papillons aux ailes multicolores ou redresser
le tronc de cet arbre avachi sur lui-même dont la sève nous avait demandé de
l’aide.
Et des quatre coins de
ce monde, tapis sous les fougères, nous attendrons, confiants. Ce nouveau
monde, tel que nous le visualisons, il existe déjà, nous l’avons toujours connu
et reconnu en nous connectant au canal supérieur de l’Astral, dont le chemin en
notre front s’est ouvert.
Alors, épris de
contentement, nous fermerons les paupières, puis nos pinceaux le dessineront
dans le ciel, tandis que nous somnolerons.

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