Ce que signifie réellement le viol d'une femme (extrait de PANDORA de Christophe Cros Houplon - 2023)
Lorsqu’en ce monde, où que ce soit, un homme s’en prend à une femme, quelle
que soit cette femme, cet homme, ces hommes, en s’attaquant et forçant le
chemin sacré s’attaquent à la racine de ce qui se nomme « le féminin
sacré ». Alors ces hommes, forçant ces femmes, s’attaquant à la
source de vie, à ce qu’il y a de plus sacré en la vie, tuent la vie même, s’y
essaient, s’y acharnent et s’y perdent en des râles démoniaques. Ce faisant,
étant possédés, ils se sont adonnés, abandonnés, et c’est bien lui et
non leurs pauvres carcasses qui s’échine en d’effrayants coups de reins dans ce
que le Dieu de cet univers aura créé de plus beau : une créature comme lui apte
à donner vie.
Attenter à une femme puis violenter une femme, forcer une femme, la violer,
forcer ce subtil canal qui s’enfonce vers le mystère de la vie revient à les
violer toutes, donc à tuer dans l’œuf la faculté de donner vie. C’est pourquoi
les violences faites aux femmes, celle-ci tout particulièrement, sont une
atteinte au principe originel, donc la cause de tous les maux de l’univers. Et
cette déflagration pour quelques minutes de plaisir sous l’emprise de l’alcool,
de drogues, d’autres choses qui n’ont proprement rien d’humain, est telle une
rupture, une cassure, une césure béante au milieu même de la Terre Mère
Nourricière, laquelle en la sève de chacun de ses arbres pleure toutes les
larmes des nuages sur la déflorée.
Et nous autres les hommes, compagnons de ces dernières et tous nés du
ventre de notre mère, nous sentirons par contagion, plus que blessés, diminués
et renvoyés par l’acte d’un et d’un seul d’entre nous à notre misérable
condition.
Le féminin, la femme, la mère, l’épouse, la sœur, la compagne : le féminin,
source de vie, est sacré. Y toucher, ne toucher ne serait-ce qu’un de ses
cheveux sans un consentement émanant d’elle et c’est tout notre être qui,
saignant, vacille. Nous ne pouvons, qui que nous soyons et où que nous soyons,
faire autrement que comme elle, saigner. Et notre cœur, devenue plaie béante,
ne pourra plus à son sein être dorénavant consolé. Il nous faudra nous
redresser, nous approcher d’elle, lui tendre la main secourable, la panser,
doucement la relever, l’essuyer, la doucher, la sécher, enfin la caresser avant
de la border. Et éteindre pour elle la lampe de chevet pour la laisser glisser
dans une nuit devenue subitement noire.
D’où elle sentira frémissante et tremblant de peur les griffes du démon
s’immiscer à nouveau sous les draps dans le creux du sommeil. Créant en son âme
cette frayeur propre à la rendre stérile. Il nous faudra, nous autres qui
d’elles avons eu la vie, passer des nuits entières à leurs côtés, afin de leur
réapprendre à vivre leur vie de femme. Qu’un possédé aura tenté de détruire.

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