Et si on essayait la vaseline Bardella ?
Sauf à être malentendant, il est entendu depuis quelques mois que
monte dans nos médias une petite musique aux refrains semblables à la comptine
pour enfants sages datant de 2016 mettant en exergue un certain Emmanuel Macron,
actuellement en fin de batterie : la percée irrésistible d’un charmant
stewart épilé qui se prénomme Jordan.
Produit d’appel tant sur les chaines du Groupe Bolloré que sur BFM
TV et I24, ami personnel du pétomane de service Hanouna, auteur à même pas 31
ans de deux ouvrages écrits en police de caractère 18 avec gadget et crayons de
couleurs fournis sous cellophane, la nouvelle influenceuse de la France
périphérique et des terroirs cartonne tant sur nos marchés que sur TikTok où
elle rivalise de sourires et de gentillesse envers Paulette et Lucienne qui réclament
leur selfie.
Enjambant ses escapades dans les coins les plus reculées de nos
provinces, nos chers instituts de sondage jonchent ses pas de chiffres
affriolants pour dans 13 mois : 34%, 35%, 36%, 38%, ânonnent les perroquets
sur les chaines d’information continue, aussitôt repris en boucle sur les
réseaux sociaux où le poulbot multiplie shorts et petites blagues. Sur le modèle
de la série des Martine, Jordan se décline avec candeur et joue admirablement le
miroir des apparences : Jordan au marché, Jordan reprise son futal, Jordan
a poney, Jordan au Super U de Jouy-en-Josas, Jordan tape la bise à Tata
Germaine … Les enfants ne sont pas en reste : mamans et mamies tendent leur
dernier né au grand échalas au costume amidonné, lequel le fait tournicoter
dans les airs avec un air ravi. De bien belles images pour les JT.
Devenu tendance, le RN a fait de son plan B un plan cul bien
propret. Tout le monde, y compris les grands capitaines du CAC 40, a envie de
se taper Jordan. Meyer Habib, qui nous jure ses grands dieux qu’en tant qu’ami
personnel de Netanyahou et membre du Likoud il n’est pas d’extrême droite,
passe en ami vendre la savonnette Bardella chez BFM, un an après l’avoir reçu
en grande pompe avec Marion Maréchal à Jérusalem.
Pro Business, défenseur de la communauté juive, gendre idéal de la
France profonde, Jordan coche à présent toutes les cases du politiquement
correct. Tata Marine, couverte de bleus depuis son procès en appel, semblerait
presque soulagée de rester à Saint Cloud avec sa colonie de chattes et d’avoir passé
le témoin au gamin complexé qu’elle nous avait sorti du placard d’une de ses
nièces en 2019. S’il gagne il lui offrira le perchoir.
Ce lavage de cerveau distillé à coups de pinceaux bleu blanc rouge
depuis quelques mois installerait presque ce freluquet au CV inexistant au
Palais sans avoir à passer par le bureau de vote. On a compris que beaucoup
souhaitent que le Jean-Edouard du Loft Story 2027 ce soit lui. Photogénique, en
couple d’après la rumeur avec une princesse italienne, Maria Carolina de Bourbon
des Deux Siciles, portant un patronyme digne de la collection Harlequin,
débitant ses éléments de langage avec un sérieux imperturbable, Jordan tel le
futur ex locataire de l’Elysée a une tête à penser printemps quatre saisons par
an. Visage angélique du nationalisme pour gogos et parfaite surface de
projection, il incarne en creux une certaine absence d’idée de la France qui semble
rassurer ceux qui à peine soulagés de s’être coup sur coup pris dans les miches
trois godemichés recouverts de trois différentes marques de vaseline tiennent à
en essayer une quatrième histoire de voir si ça fait plus ou moins mal.
« On peut pas dire, on les a pas essayés »,
répètent en boucle nos abonnés aux dragées Fuca électorales. En effet, on a
failli en 2024 se le coltiner avant de le voir se prendre un gadin sur la
première marche de l’Hôtel Matignon. Souvenez-vous, parce que dans la dernière
ligne droite l’ayant finalement conduit à l’échec, Jordan, pour une fois, avait
arraché le masque, et tout seul comme un grand détricoté les 4/5ème
de son propre programme. Une hausse du pouvoir d’achat ? On fera un audit puis
on ira négocier avec l’Union Européenne ! La préférence nationale ?
Pas tout de suite, reportons à 2027, et en attendant contentons-nous d’écarter
les binationaux des services de renseignement, ce qui sur un plan comptable se
limitait à 12 ou 13 pékins.
A vingt mètres du maroquin tant attendu, l’enfant chéri des terroirs,
le slip programmatique tombé sur ses mocassins à gland, souriait benoitement
devant des électeurs croyant aux miracles.
Que pensez-vous qu’il se passera si jamais cette coquille vide pénétrait
les grilles du Palais si ce n’est la répétition de cette pantalonnade ?

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