Manu au cul des vaches (extrait de MACARON ET LES CANARIS de Christophe Cros Houplon - 2020)
Après le Crif, le cul des vaches. !
Président des riches, c'est un vrai métier, avec des
classiques et des scènes récurrentes.
Au baiser de la
babouche de Kalifat succéda donc pour notre bien-aimé monarque
quelques heures Porte de Versailles
dans les allées d'un salon où ça sent
bon le purin labélisé FNSEA.
Poudré, maquillé et parfumé, la chemise blanche
immaculée, Manu, huit heures pétantes,
fut lâché par Brigitte avec cent gorilles de Castener
dans ce Salon de l'Agriculture, où s'agglutineront les culs-terreux du royaume dont notre auguste Suzerain
ne connait d’autre réalité que les riches quartiers des grandes villes.
Accueilli comme il se doit par des quolibets et des
vêtements jaune fluorescents, le
Monsieur Propre demanda à ses CRS de faire déguerpir la piétaille puis de
passer des litres de javel avant de poser un bout de mocassin dans les allées.
On poussa les gueux vers la sortie pour les faire
remplacer par de vrais citoyens, en l'occurrence des militants
du Parti conduits sur deniers publics depuis les XVIème et XIVème
arrondissements.
Lesquels applaudirent sa Petite Seigneurie sous
les caméras de BFM, télé du Ministère de la Vérité
préférée des gens qui ne sont pas des riens et qui plutôt qu'errer
sans but dans les gares prennent des trains.
Rassuré par ces déferlements d'amour matinaux,
notre Jupiter put s'en aller dans les allées tâter de la vache LREM
et du perdreau LR. Des plumes, de la fourrure et des électeurs aussi,
assez polis pour faire avec lui des selfies.
Belle France Potemkine, songea notre Pino-chiot avant
que de dispenser sa bonne parole devant les caméras amoureuses de ses amis propriétaires des médias et bienfaiteurs de l'humanité.
S'éclaircissant la voix non sans avoir nettoyé ses naseaux avec un peu de sel de mer, Sa Suffisance entama la lecture du PowerPoint défilant sous ses
yeux et déclama son amour des culs-terreux.
On put retenir de sa péroraison que le glyphosate, la substance toxique autorisée par les
députés de sa Majesté frappée
précocement par la maladie Alzheimer, sera
éradiquée de nos vignobles, que le bio sera l'alpha
et l’oméga de nos assiettes, et que
la PAC nous sauvera tous de nos maux-santo grâce aux industriels allemands, multirécidivistes de l'agriculture
intensive et du non-respect de la biodiversité.
« Hold on »,
nous harangua le Mamamouchi des terroirs : transition écologique
y'a que ça de vrai. Sauvons la planète et on ira tous au paradis.
Ayant achevé sa
démagogique logorrhée sous les applaudissements,
le Gnafron s’échappa alors de sa
boite dans les allées et côtoyer de plus près les CSP+ castés par son staff
RSCG.
Nous eûmes droit à une scène reprise en boucle
par nos JT. Un agriculteur handicapé à la lisière de la tombe, larmoyant
dans les bras de l’égorgeur, lequel retardant son exécution, lui refourgua en loucedé tickets
de réduction et mots doux.
Emu, le presque mort alla pleurer dans les bras du roitelet. Lequel,
à peine le dos tourné, commanda aussitôt à ses équipes un costard griffé, celui du jour ayant été maculé
par la bave d'un gueux pas cap de s'en
acheter un sur ses propres deniers.
Après des heures à tournicoter d'allée en allée, à
ânonner des banalités, notre acteur de télénovela arrivant sur la fin de batterie fut téléporté dans sa CX aux vitres teintées puis réexpédié à Dame Brigitte.
Laquelle l'envoya fissa à la désinfection.
Supporter un mari sentant
l'étable, non merci
!

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