Municipales à Paris : nos éditorialistes n'ont comme souvent rien compris !

 

Une fois encore à l’occasion des résultats des municipales à Paris en ce dimanche 15 mars 2026, je constate que ces supposées pythies que sont nos éditorialistes politiques ne savent nullement lire des chiffres puis en tirer des perspectives.

Ces thermomètres professionnels, qu’ils soient de gauche, du centre ou de droite n’y change strictement rien, qui quand on les questionne sur celui ou celle qui dans six mois remportera le sceptre se plantent quasi systématiquement, nous ont de concert chanté le succès inattendu d’Emmanuel Grégoire et leur déception à la découverte du score de la liste de Rachida Dati.

Alors que l’analyse des forces et des divisions en place avant même qu’un électeur ne dépose un seul bulletin dans l’urne rendait ces deux scores aussi évidents que prévisibles sur un pur plan comptable.

Grégoire a su construire au contraire de sa concurrente de droite un attelage qu’un Lionel Jospin aurait pu qualifier de gauche plurielle : socialistes, verts, communistes et reliquats de LFI. Hormis la liste Chikirou, toute la gauche serrait les rangs autour du candidat du canal de gauche officiel.

De l’autre côté, la maire du VIIème arrondissement partait comme on dit avec un camp en ordre dispersé, avec d’une part un candidat Renaissance, Bournazel, ayant trahi l’engagement du Chef de l’Etat (lequel, en fin de second mandat, n’a plus guère prise sur ses troupes, ce qui est logique) envers celle qu’il nomma Ministre de la Culture de ne pas lui glisser un concurrent du parti présidentiel dans les pattes, et d’autre part non pas un mais deux équivalents de LFI : Mariani et Knafo.

Gauche soudée contre droite divisée : il était inscrit dans les faits qu’au premier tour Emmanuel Grégoire ne pouvait que creuser l’écart. L’ennui est que pour le second, sauf à ce qu’un important quarteron de votants de droite décide subitement de partir à la pêche et lui déroule en creux le tapis rouge, il a non pas fait le plein des voix (de nombreux votants LFI viendront glisser son bulletin, évidemment, et également beaucoup d’autres, gonflés à l’hélium notamment par leur tête de liste à taper sur la tête du socialiste, resteront à la maison) mais atteint l’ombre de ce qui ressemble à un plafond de verre.

Plafond qu’on ne retrouve nullement à droite comme à la droite de la droite. Pressé par Edouard Philippe et Gabriel Attal, Bournazel ne peut qu’accepter la main tendue de Dati et fusionner, en d’autres termes la rallier et placer ses pions. Tambouille ? C’est simplement la loi naturelle des ralliements une fois que chacun s’est compté le soir du dépouillement.

Quant aux deux autres … On sait qu’habilement Rachida Dati a refusé quelque accord que ce soit avec une Knafo qui l’a on ne peut plus épargnée de ses coups de griffe sans lui avoir pendant toute la campagne fait le moindre coup de patte. Les électeurs de l’ancienne directrice de campagne de Zemmour étant exactement dans la même situation que ceux du RN (à leurs yeux il faut que la gauche dégage de l’Hôtel de Ville), il convenait pour Dati de ne surtout pas insulter l’avenir.

Cette analyse qui, on le voit, n’a rien d’ébouriffante, s’appuie tant sur les jeux d’alliance classiques que sur les résultats observés depuis hier soir. Il est cocasse qu’hier soir sur nos plateaux la quasi-totalité dont le métier est pourtant d’offrir aux électeurs quelques clefs de compréhension quant aux positionnements des uns et des autres au milieu du champ de bataille s’en soit montrée incapable. Vous me direz, les mêmes nous avaient placé à l’Elysée Rocard, Balladur, Jospin, DSK et Juppé …





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