Paris : les jeux sont faits, rien ne va plus ?
Assis côte à côte en terrasse d’un café parisien des beaux
quartiers entre deux tractages, l’homme soja des socialistes et sa copine la
courge verte répondent poliment au monsieur qui leur tend un micro.
Tandis qu’ameutant les castors Marine demande aux parisiennes et
aux parisiens de « faire barrage à la
stremdroite », Emmanuel, du haut de son score de maréchal, pratique la
méthode Coué. « Je suis persuadé,
lance celui qui il y a peu nous assurait qu’une accession de Dati à l’Hôtel de
Ville allait nous ramener à l’âge de pierre et au bruit des bottes, que les électeurs de Bournazel viendront se
reporter sur notre liste », assène-t-il en déroulant tel un paon son
long cou.
On ne sait trop comment ce sympathique monsieur vivant dans une
Tour d’Ivoire parvient à faire parler les entrailles de poulets, mais il en est
convaincu. De même qu’il pensait que Dati et Knafo allaient faire un PACS et qu’il
nous assure encore que sa principale compétitrice partira en septembre prochain
en zonzon.
A ses côtés, Madame Tondelier approuve d’un rictus. Alliée principale
de l’homme soja d’Anne Hidalgo ayant placé ses ouailles en bonne place élective,
la dame joue son va-tout.
D’autant qu’Emmanuel n’a pas daigné décrocher son combiné pour
appeler la partenaire de jeux du Leader Maximo des Insoumis. « Vous étiez arrivé au bout de votre
forfait téléphonique ?, persifle l’interviewer, tout étonné de son
culot envers son candidat. - Il faut être
cohérent, se défendra-t-il au micro de la radio d’état, cette personne a été très méchante avec nous ».
L’amateurisme de ce second couteau du socialisme bon teint ferait
presque sourire. Avec Chikirou qui se maintient, son bateau prend l’eau, ce qui
n’a échappé à personne sauf à lui qui s’échine à affirmer que les électeurs macronistes
vont dans l’ensemble glisser son bulletin dans l’urne dans un ultime sursaut. Enivré
d’être arrivé largement en tête le soir du premier tout, Grégoire s’y voit
déjà.
Laissez-moi danser, chantait autrefois Dalida.
Il est de bon ton sur certaines antennes de traiter l’opposante
numéro un de la bientôt plus maire de Paris par le mépris. A l’usage on
découvre que loin de griller ses cartouches, celle qui décida de rester aussi
longtemps que possible rue de Valois et actionna une campagne non
conventionnelle par des shorts coup de poing sur les réseaux sociaux avait bien
préparé son coup.
On lui glisse dans les pattes un Horizon un peu coincé qui lacère
ses jambes de coups de bec ? Elle feint dans l’ensemble de l’ignorer non
sans l’avoir, lui et le patron de son parti, taxé de « droite la plus bête
du monde. On tente de l’associer à la dame qui partage sa couche avec Éric
Zemmour ? Elle fait réaliser des projections et prudemment demeure à
distance sans toutefois lui adresser la moindre pichenette.
Dès le lendemain du premier tour elle lance son offre de service,
rencontre le monsieur qui la veille lui chiait dans les bottes, enfouit les sujets
qui fâchent au fond de son sac à mains Gucci puis d’un coup de Mont Blanc
intègre quelques-uns de ses lieutenants sur sa propre liste.
Lorsque Bournazel entre quatre yeux lui lâchera qu’à titre
personnel il préfère s’enfermer à la maison, elle prendra une mine désolée.
« On se revoit bientôt ? », lâchera-t-elle avant de
s’éclipser.
Avec Sarah Knafo, les choses seront plus franches. Passée juste
au-dessus de la barre fatidique, la supposée nouvelle incarnation de la fille
de Benito avance un brelan de dames aussitôt récusé, puis poliment s’efface non
sans panache. « Mon objectif est de
faire perdre la gauche ». La messe étant dite bien avant le cérémonial
de dimanche dernier, autant s’éviter l’office : la communion se jouera en
coulisses dans le secret de l’isoloir.
« Ceux qui voudront faire barrage à
Rachida Dati auront deux bulletins, ceux qui voudront faire barrage à la gauche
n’en auront qu’un », savoure-t-on à l’Elysée ».
Enfin assurée d’avoir ses chances de succéder à sa tête de turc
préférée, la manœuvrière Rachida accepte enfin ce que jusque-là, face à des adversaires
de seconde main qu’elle refusait habilement de considérer, un débat frontal
avec celui qu’elle a décidé de faire chuter.
Lequel, tel un Playmobil en fin de batterie, avance sur un fil.

Comments
Post a Comment