Importation du conflit israélo-palestinien : où comment entretenir la zizanie dans le village gaulois.
Dans
le miroir des apparences que constitue de nos jours la comédie politique
française, l’importation à visée électoraliste du conflit israélo-palestinien tend,
du fait de nos extrêmes, à jouer un rôle de plus en plus important pour ne pas
dire majeur.
Nos
Pinocchio de la droite populiste et de la gauche radicale ayant conjointement
décidé sans forcément nous le dire de truster les deux premières places du
prochain scrutin présidentiel, l’un comme l’autre se sont revêtus des atours de
l’une et l’autre des deux parties d’une guerre sans fin à quelques milliers de kilomètres.
C’est à qui hurlera le plus fort qu’il est l’incarnation soit d’une bande de
Gaza où jamais il n’a posé son mocassin à gland soit le défenseur des victimes israéliennes
du 7 octobre 2023. Deux masques pas cher payés, cela va sans dire.
Dans
ce concours Lépine de la surenchère victimaire où l’on se pare des souffrances
d’un camp contre celles de l’autre, les postures antisystèmes se multiplient, chacun
tentant d’attirer à lui tantôt l’habit de respectabilité qu’on lui interdisait jusqu’alors,
tantôt le manteau de résistant de salon. Nous sommes, de part et d’autre, dans
une posture où l’on joue à fronts renversés la tragi-comédie de l’épouvantail à
moineaux le plus crédible, celui d’hier cédant la place à son reflet, lequel, y
trouvant matière à s’auréoler d’une prétendue pureté de gauche, peut ainsi mettre
un pistolet sur la tempe de ses supposés alliés.
Nous
sommes à écouter ces Messieurs Dames du RN, de Reconquête et de LFI canal
Mélenchon sommés de nous prononcer pour l’un contre l’autre et d’actionner le
bouton antisémitisme ou islamophobie. Point de salut, dans l’arène des débats
idéologiques telle que voulue et entretenue par les deux faces de cette même pièce
de monnaie qu’on qualifie d’extrémisme, pour la moindre nuance ou pour le fait
d’affirmer que quelle que soit son origine une victime demeure une victime :
comme Mathilde Panot il convient avant tout d’haranguer si possible en tenue
débraillée, de même comme Jordan Bardella de jouer les grands effarouchés la cravate
serrée.
Mis
en avant par le gouvernement israélien de Benjamin Netanyahou et survendu par l’Empire
médiatique de Vincent Bolloré, le plan B du RN fut l’an passé convié aux côtés
de la nièce de sa cheftaine à se faire adouber par Meyer Habib et les siens
localement. Depuis lors ce débutant au curriculum vitae sans contenu dont les escapades
à Ajaccio aux côtés de sa princesse nous sont comptées par paparazzades dans
les colonnes de Paris Match a passé le cap du produit d’appel : chacune de
ses prestations est frappée sous le sceau de la respectabilité, laquelle, telle
un tapis volant, glisse sous les pataugas des députés de La France Insoumise,
lesquels surjouent aux côtés de Louis Boyard à la bande de Gaza dans les caves
de nos cités.
Assourdis,
assommés et invisibilisés par ce tintamarre, celles et ceux qui refusent de trancher
dans le vif pour l’un contre l’autre sont par les précités sommés de se taire
sous des tombereaux de posts enragés sur les réseaux. Inaudibles, les autres
partis de droite et de gauche tentant la partition républicaine se font
littéralement tailler en pièces et accuser de lâcheté : on meurt sous les
bombes et vous ne dites rien ?, leur opposent ces résistants des travées
gagnant dans les six mille euros mensuels sans les frais de représentation. Et
de foncer dans la salle des Quatre Colonnes s’agglutiner aux micros pour
continuer à s’indigner à peu de frais.
Cette
double récupération idéologique aux relents de prise d’otage de l’opinion
française, telle un compost aux odeurs de fumier, n’en finit pas de servir de laboratoire
à faire pousser de nouvelles plantes de radicalisation. On s’invective, on s’insulte,
on se rejette, on s’injurie, et tels les gaulois du village d’Astérix on se
fout sur la tronche les poissons de Bonemine tandis qu’à nos frontières se
rapprochent les garnisons romaines.
Lesquelles
se délectent de ces faux semblants actionnés en coulisses.

Comments
Post a Comment