Loi Yadan et sécurité de nos compatriotes de confession juive VS/ vache sacrée de la liberté d'expression sans entraves des extrémistes.

 

Elle est devenue le nouveau sujet à propos duquel en France, que ce soit sur les réseaux sociaux, dans le cœur d’émissions de télévision, de vidéos d’influenceurs, de préaux d’écoles de la république et d’universités ou encore dans le cadre de pétitions, on s’écharpe.

Elle, c’est la proposition de loi n° 575 visant à lutter contre les formes renouvelées de l'antisémitisme, déposée le mardi 19 novembre 2024.

Dès lors qu’en cette France de 2026 on touche à une question relative à la communauté juive, à l’antisémitisme et à Israël, tout s’enflamme. Nous avons beau être à quelques milliers de kilomètres de ce qui s’est passé tant le 7 octobre 2023 que dans la bande de Gaza depuis, l’importation du conflit israélo palestinien et ses conséquences sur le vivre-ensemble en France sont devenues un enjeu majeur en termes de sécurité publique pour 500 000 d’entre nous qui ont le malheur d’être nés juifs, et qui en tant que tels subissent depuis plus de deux ans une spectaculaire augmentation des actes de violence commis à leur encontre sur notre propre sol.

La France, rappelons-le, est régulièrement accusée d’être devenu une succursale de l’Etat Hébreu manipulée par le CRIF et par le Grand Orient de France : actualisation du fameux complot judéo maçonnique des Protocoles des Sages de Sion, ce faux monté de toute pièce par la police politique du tsar Nicolas II qui continue à se vendre plus d’un siècle après son débunkage comme des petits pains.

Ce qui a mis récemment le feu aux poudres, c’est donc la proposition de loi soumise par Caroline Yadan, députée des français de l’étranger ayant aux dernières législatives de 2024 envoyé au tapis le membre du Likoud Meyer Habib, par ailleurs ami personnel de Benjamin Netanyahou et d’après les propres déclarations de ce dernier son meilleur représentant en France.

Elue sous l’étiquette Renaissance, Caroline Yadan, qui je le souligne est née et France, y réside et y a fait toute sa carrière, a un profil fort différent de celui qu’elle a battu. Modérée dans ses engagements militants comme dans ses propos, elle soumettra début 2024 cette proposition de loi trans-partisane cosignée par 120 de ses collègues du camp gouvernemental ainsi que par quelques socialistes puis saisira dans la foulée le Conseil d’Etat qui émettra de nombreuses recommandations, lesquelles seront toutes intégrées dans une seconde mouture du texte.

Celui-ci, après un an d’attente, est finalement débattu en commission le 26 janvier de cette année et adopté de justesse par 18 voix contre 16. Il sera présenté devant l’assemblée du 16 au 18 avril.

Exactement comme ce fut le cas pour le texte proposé en 2020 par sa collègue Laetitia Avia, il s’attire actuellement les foudres de tous les extrémistes comme de ceux que les précédents intimident sur le même angle d’attaque : celui de la limitation de la liberté d’expression.

A entendre et à lire ses nombreux détracteurs, y compris ceux d’une pétition ayant rassemblé plus de 600 000 signataires qui fait dire à ce texte un certain nombre de choses qu’il ne formule nullement, cette liberté d’expression prétendument écornée par la proposition de loi serait une liberté sans entrave, sans plafond, sans limitation possible, et mériterait d’être placée au-dessus de tout et notamment de la sécurité de 500 000 d’entre nous.

A les croire, eux qui mentent en affirmant que ce texte interdirait directement ou indirectement toute critique de la politique de l’actuel gouvernement d’extrême droite israélien, la liberté d’expression, la leur cela va sans dire, est une vache sacrée qui doit tout surplomber, et tant pis pour les retombées.

On peut donc selon cette logique, et c’est justement ce à quoi s’attaque ce texte qui vient en complément de lois pénales existantes afin de renforcer le dispositif législatif pour l’adapter aux réalités de 2026, au nom de cette vache sacrée, appeler directement ou indirectement à l’éradication d’un état et de sa population comme le demandent les islamistes les plus radicalisés… Tenir publiquement des propos dont les conséquences sont la mise en danger jusque sur le seuil de leur maison de nos compatriotes de confession juive… Remettre en cause l’implication du régime de Vichy dans la déportation des juifs pendant l’occupation… Adopter toutes les postures négationnistes ou relativistes tendant à faire des français de confession juive les héritiers de victimes fictives ou relatives…  Ou encore participer à un écosystème idéologique conduisant jusque dans nos cours d’écoles certains français à mettre sur la tête de quiconque est soupçonné de porter une kippa une cible.

Ce à quoi s’attaque ce texte qui fait débat jusque dans les cénacles de la Ligue des droits de l’homme et de l’Union Juive pour la paix, c’est ça. C’est ça et c’est uniquement ça. Et ce n’est en rien un texte inspiré de près ou de loin par un état étranger dirigé par un homme et une ligne qui n’est pas celle de Madame Yadan, que beaucoup de ses adversaires ont essentialisée à ce qu’ils sous entendent comme étant sa race.

Cette essentialisation de la députée des français de l’étranger (incluant Israël) est, soulignons-le, une obsession de l’extrême gauche et, par-dessus, de tous les mouvements islamistes radicaux auxquelles cette dernière fait la courte échelle. Derrière une femme française de confession juive, LFI voit une juive, de même que derrière une femme française d’origine camerounaise LFI voit une racisée.

C’est ce prisme racialiste qui nous assigne à notre couleur de peau, à notre religion ou à notre origine ethnique, qui est en train de détruire brique par brique ce qui se nomme une nation. Comme ses cousins siamois du bord opposé (RN et Reconquête pour ne pas les nommer), LFI et ses suiveurs ont décidé de réécrire le pacte républicain à leur sauce en détruisant méthodiquement ce qui en fait le ciment, voulant faire de leur France excluante LA France.

Revenons à l’essentiel, c’est-à-dire à la proposition de loi de Caroline Yadan amendée par le Conseil d’Etat. Lisons-la tout d’abord, voyons ce qu’elle contient et surtout ce qu’elle ne contient pas. Mettons-la en parallèle avec cette pétition populiste agitée par Médiapart, LFI et leurs satellites, pétition à propos de laquelle je ne puis que vous encourager à faire ce qui s’appelle de l’analyse de texte tellement elle contient un empilement d’arguments qui procèdent de ce qui s’appelle une pensée AmStramGram visant à égarer le lecteur et à lui faire gober des contrevérités.

Ce texte, il sera débattu puis soumis au vote à l’Assemblée. Il sera questionné, bousculé, probablement amendé. Il ne vise qu’à une et une seule chose qui devrait mettre d’accord les plus sérieux d’entre nous : adapter notre arsenal législatif aux difficultés connues depuis le 7 octobre 2023 par moins de 1% d’entre nous suite à un conflit extérieur qui certes peut les toucher voire les concerner mais dans lequel ils n’y sont pour rien, à cause duquel leur sécurité est sur notre sol quotidiennement mise en danger. 





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