Meat ? Just do art !
Eh oui, cela fait en effet dix ans, dix
ans depuis cette cover, dix ans depuis cette exposition de certaines de ses œuvres
dans un certain bar du Marais, nous étions alors un samedi soir, où je serai le
seul à venir le voir pour découvrir son travail artistique.
Ce qu’il me confiera
lorsque je m’amuserai de cette cover, le lien qu’il fait entre elle et ses œuvres,
comment conduire de l’une aux autres, comment s’appuyer sur l’une pour mettre l’essentiel
donc son essence en exergue : avec cette simple formule murmurée dans ce tête-à-tête
on ne peut plus complice, je comprendrai aussitôt que se tient face à moi un
homme adulte qui comme moi a tout compris, qui fait les choses en conscience,
qui réfléchit, qui prend son corps pour ce qu’il est, un support, une façon d’attirer
sans se confondre soi-même avec son propre reflet.
Je passerai alors aux œuvres,
et sans dire un mot j’y reconnaîtrai tout ce que depuis s’est confirmé. Avant de
partir je ferai l’acquisition d’un dessin on ne peut plus parlant pour ne pas
dire emblématique.
Pour moi qui tant d’années avais pour métier de détecter ce que dans le langage courant on appelle les hauts potentiels, tout ce soir-là fut dans mon esprit posé. La première intuition, celle des tous premiers instants de la toute première rencontre, s’est ce soir d’avril confirmée pour ne jamais disparaitre.
Comme je le fis il monta à la
capitale non pour batifoler mais avec en tête un projet, artistique en l’occurrence,
c’est-à-dire comme moi de mon côté, à construire. Un projet à propos duquel je
ne pouvais en rien l’assister, de même que concernant le mien, compte tenu de
nos compétences respectives, il ne pouvait pas davantage faire quoi que ce
soit. Sinon, bien entendu, veiller et à distance encourager.
Dix ans ont passé. Un bel
anniversaire pour ramasser les copies et en toute légèreté, sans fierté aucune,
regarder avec joie le travail accompli. Seul ? Oui et non. Pas vraiment si
on y réfléchit.

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