Syndrome de Gilles de la Tourette à la Maison Blanche !
A un peu plus de six mois des midterms pouvant
mettre fin à l’hégémonie foutraque du clown péroxydé de la Maison Blanche, il
semblerait que nous soyons en train d’assister, partagés entre hilarité et consternation,
à un déraillement tragico-comique de la mécanique du second mandat de Trump. Déraillement
qui me fait penser à certaines scènes du génial Playtime de Jacques Tati où un grain de sable s’introduisant dans
un dispositif bien huilé parvenait par une accumulation de gags désopilants à tout
faire imploser.
Ici, ce grain de sable, c’est-à-dire le premier
accroc ayant pénétré l’horlogerie de la stratégie dite de l’inondation du
Marais signée par Steve Banon, ce serait la précipitation avec laquelle la très
récemment virée Pam Bondi fut contrainte de mettre en ligne sous la pression
des millions de pages des dossiers Epstein, non sans avoir fait caviarder à la
hussarde celles pouvant mettre en cause le Leader Suprême en personne.
Sommé par sa MAGA base et sa cohorte d’influenceuses,
le milliardaire de Mar-A-Lago, épinglé par quelques emails pour le moins
cocasses du défunt milliardaire pédo-criminel le qualifiant de « chien qui
n’aboie pas », avait du se résoudre à lâcher du lest sans forcément avoir
prévu toutes les rustines.
Ce qui déboucha sur une bombe qu’il convint d’immédiatement
inonder sous un lâcher de napalm du côté de la République des Mollahs :
Trump aurait violé chez Epstein une adolescente âgée de quatorze ans à l’époque
des faits, ce dont l’intéressée témoigna en se rendant à huit reprises dans les
bureaux du FBI. Les paratonnerres du matamore éructant eurent beau, Big Boss du
FBI en tête, poser leur étouffoir sur ledit témoignage, celui-ci fuita
néanmoins dans la presse.
Comme disent les américains : « It sucks,
folk’s ! ».
Donald n’eut d’autre choix que de précipiter ses
troupes dans le scénario tout prêt de son collègue Netanyahou, s’asseyant une
nouvelle fois sur un de ses principaux engagements, histoire d’éteindre l’incendie.
Las. Le voici qui ayant détourné l’attention depuis
un mois vient de créer un second théâtre où comme dans le précédent Donald tel Mickey
dans L’apprenti sorcier se met à
casser en deux les balais et à inonder tout seul comme un grand son propre
marais. L’arroseur arrosé.
Alors même que Pam Bondi venait d’adresser par
mégarde les documents proscrits à l’opposition démocrate par email puis de se
faire séance tenante lourder comme dans The
Apprentice le 2 avril, le Big Chief en personne, faisant par inattention
télécharger la vidéo d’un déjeuner à la Maison Blanche en présence de télévangélistes,
imite la gaffeuse dans la foulée. Un milliard par jour pour sa petite sauterie
iranienne, lâche-t-il à ses invités, qu’on fera payer en sucrant dans les
dépenses de retraite et de santé localement.
Ce qui s’appelle une bourde. Attablé comme un pacha
sous les dorures pour fêter la résurrection, le canard de Floride vient l’air
de rien de flinguer les œufs de Pâques de ses supporters du Michigan et d’ailleurs.
« You’re fired », vient-il au détour d’une
phrase de leur signifier.
A peine lâchée cette nouvelle bombe, intérieure celle-là,
que les téléphones des députés républicains connaissent une surchauffe. Paniqués,
les probablement futurs battus du mois de novembre craignent à présent de se
balader dans leurs propres circonscriptions et se terrent dans les travées de
Washington, conscients que Tonton Donald vient tout bonnement de les flinguer.
Va-t-il à ce rythme s’arrêter à si bon chemin ?
Comme dans Playtime ou The Party, la mécanique du gag étant
enclenchée pour ne point s’arrêter, l’inondation en marche se poursuit quelques
petites heures après. Filmé depuis un des couloirs de la Maison Blanche, notre
Mel Brooks poursuit sa descente aux enfers. La mine déconfite et la voix
subitement blanche, le voilà qui se contredisant lui-même en affirmant que l’uranium
iranien est devenu le cadet de ses soucis nous jure ses grands dieux que les
Mollahs étant quasi morts (on doit en être à la dixième épitaphe en dix jours
les concernant) les cowboys lui servant de soldats de plomb vont leur balancer
encore trois semaines de napalm sur la tronche.
A un milliard le jet quotidien si j’ai bien tout
suivi …
Puis dans la foulée Donald invite ces « partenaires européens et
asiatiques » à se démerder avec le détroit d’Ormuz. « J’ai cassé le
jouet, à vous de slalomer entre les missiles balistiques iraniens, good luck et
joyeuses Pâques chez vous » : en gros ce fut le message.
Sans doute échaudé par le limogeage deux minutes top
chrono de Pam Bondi, Pete Hegdset grimé en Docteur Folamour depuis le Pentagone
s’improvise Secrétaire d’Etat de la guerre sur les réseaux sociaux. Rambo à Téhéran
balance des tweets rageurs, histoire de se faire bien voir d’un chef qui ces
temps-ci a le gros orteil coincé sur la pédale à éjection de collaborateurs.
En coulisses, ses équipes juridiques tentent de le
calmer, agitant qu’avec de pareilles déclarations il risque de se faire scalper
pour crimes de guerre par-dessus la moumoute du chef. On se croirait là avec
Peter Sellers dans la scène du diner dans la première demi-heure de The Party, balançant malencontreusement
le poulet rôti qu’il apportait à table sur la tête d’une riche convive,
laquelle, ne s’étant rendue compte de rien, conservera la volaille en lieu et
place de son chignon pendant toute la nuit.
On le voit, le syndrome de Gilles de la Tourette vient
de gagner la tête des toqués qui depuis janvier 2024 dirigent les Etats Unis d’Amérique.

Comments
Post a Comment