Zynecoin : Karim Benabdelkader attaque en justice l'influenceur Jim le veilleur.
Nous
sommes en France dans les années 2010 et quelques. Karim Benabdelkader, un
français d’origine algérienne que l’on surprendra photographié aux côtés d’un
certain Jean-Marie Le Pen, vient de connaître ce qui arrive à un certain nombre
d’entrepreneurs et de gens qui prennent des risques : planter son
entreprise. Ou plutôt planter les trois entreprises qu’il dirigeait jusque-là.
Trois sur trois.
Face
à l’ardoise qu’il a laissée et qu’il ne peut régler au fisc français, il est
dans l’obligation de se défaire de ce que dans le langage des affaires on
appelle son « actif » c’est-à-dire le capital de ces trois
entreprises. Ce sera un stylo Mont-Blanc. Un simple stylo Mont-Blanc, synonyme
dans l’imaginaire collectif de luxe.
Il va de soi qu’avec Karim Benabdelkader
rien n’est fait au hasard. Trois entreprises plantées avec trois ardoises et un
Mont-Blanc tendu sourire aux lèvres à ce fisc que les entrepreneurs prennent
pour une sangsue et qui ne peut se saisir que de cela, cela signifie évidemment
que l’on s’est en amont organisé pour tout planter et ne leur laisser
qu’un stylo de luxe.
Benabdelkader écope d’une interdiction
d’exercer tout mandat de gestionnaire en France pendant quinze ans, mais
concrètement il a mis l’argent qu’on aurait pu lui saisir à l’abri. Ses
impayés, le fisc peut s’asseoir dessus. Ce faisant, l’entrepreneur condamné n’a
fait que respecter la loi : il a entrepris, ses entreprises se sont
cassées la figure, il n’a rien à laisser à l’état qui le condamne et il
respecte la décision qui est prise.
Est-ce en soi dramatique aux yeux de
Karim Benabdelkader de ne pouvoir exercer quelque mandat de gestionnaire en
France pendant quinze ans ? A l’heure de la mondialisation, pour celui qui
a déjà l’idée qu’il va mettre en œuvre dans la foulée, nullement. Je ne peux
rien faire depuis la France ? J’entreprendrai depuis la Suisse en
utilisant pour cela un prête-nom de mon sang.
Ce sera le Zeencoin, qui plus tard
deviendra le Zynecoin, le jeton sulfureux de la dissidence.
Nous sommes en plein boom des
cryptomonnaies, ces jetons numériques ayant avec le Bitcoin fait la fortune de
certains. Dans le petit monde complotiste où on annonce depuis des années que
les banques mondiales vont toutes partir avec la caisse et nous ruiner
volontairement, les cryptos sont perçues comme l’Eldorado de
l’affranchissement, la solution miracle et le moyen de se faire des couilles en
or sans bouger de chez soi comme le font certains investisseurs en bourse. Pour
ces pourfendeurs du système, reproduire en vase-clos ce qu’ils reprochent aux
élites financières, à savoir faire fortune en dormant, ils ne perçoivent même
pas la contradiction.
C’est sur ce rêve que va désormais surfer le rusé Karim, lequel a un projet
clair à ses yeux, c’est-à-dire une ambition personnelle qu’il affichera sans
pudeur quelques petites années après : devenir millionnaire le plus
légalement du monde. Et, nous allons le voir, celui que tant de médiocres ne
connaissant strictement rien au monde des affaires traiteront d’escroc va
reproduire ce qu’il a fait avec le fisc français mais cette fois à grande
échelle : s’enrichir en respectant la loi sur le dos de petits malins
qu’il prendra pour ce qu’ils sont à savoir des crétins.
La première mouture du jeton de Karim,
le Zeencoin, il la réserve en priorité à ceux qu’il connait bien : la
communauté franco maghrébine française. La crypto et la technologie, Karim n’y
connait pas grand-chose, lui, il vient des centres d’appels. Il reprend le
squelette technologique d’un autre jeton, fait un site internet, y multiplie
les promesses de vente et se met en avant.
Pour les franco-maghrébins à qui on ne
la fait pas, ça sent mauvais. Karim fut condamné, il parle comme un marchand de
tapis, ça sent l’algérien qui a envie de se faire un billet sur le dos des
siens.
Echec.
Cet échec avec les siens, Karim le
résumera en une formule qu’il emploiera pendant des années à leur sujet :
les esclaves du champ de coton. A ses yeux, les maghrébins de France sont des
esclaves qui refusent de s’affranchir et qui contrairement à lui payent
gentiment leurs taxes à un état français qui leur suce la moelle.
De cet échec, Karim en tirera toutes les
leçons. La France ne veut pas de moi ? Partons vivre au Maroc sous statut
de résident, et tâchons depuis là-bas de reprendre le filon.
Ce sera le Zynecoin.
Au Maroc, la vente de cryptomonnaies aux marocains de souche est interdite.
Qu’à cela ne tienne, il n’est en revanche nullement interdit de vendre depuis
le sol marocain des cryptos à quiconque n’est pas marocain. Sur place,
Karim, qui parle arabe couramment, se fait rapidement des
relations, il fait ce que fait un entrepreneur, il se penche sur les lois
locales existantes, il prend des contacts, il évoque son projet et commence de
ci de là à entrevoir ce qui marche. S’il veut réussir son coup il a tout
intérêt en tant que résident marocain à devenir un investisseur c’est-à-dire à
localement acheter de la pierre et du terrain, également à faire travailler des
locaux.
Ce qu’il fera plus tard. Pour l’instant
il cherche sa cible. A qui et surtout comment vendre mon jeton numérique ?
Un certain Ismaël Grandet, rencontré fortuitement par l’homme d’affaires
franco-algérien, lui soufflera la bonne réponse.
Celle-ci tient en un nom : Jim le
veilleur.
Vidéaste complotiste tendance Egalité et
Réconciliation en vogue sur YouTube, Jim est résident au Maroc depuis une bonne
dizaine d’années. Chanteur pianiste dans un hôtel touristique du quartier blanc
du Gueliz, il traine avec lui une communauté de followers qui depuis des années
avale toutes les fake news ésotérico politiques possibles et imaginables. Jim,
souffle Grandet à Karim, est un naïf qui rêve de percer l’armure, il a un
énorme problème d’égo, il se fait passer pour un alerteur, un être de lumière
et un thérapeute.
Entre gourou et charlatan ayant la main
sur une communauté de gogos qui avalent les yeux fermés ce qu’un grand naïf
leur sert comme soupe : c’est la clef de la réussite dont Karim avait
rêvé.
Karim rencontre Jim et lui sort le grand
jeu : le futur Bitcoin, sauver l’Afrique, X 1000 Inch’Allah : la
totale. Mais surtout des commissions de 12,5% sur ce que me rapporte ta
communauté.
En coulisses, une consigne on ne peut
plus parlante : tes suiveurs doivent effectuer un virement bancaire sur le
compte suisse d’un membre de ma famille sans surtout spécifier quelque achat de
cryptomonnaie que ce soit en objet dudit versement.
Jim est séduit, Karim a su jouer sur ses
deux mamelles à la fois : sa prétention à sauver l’humanité (l’Afrique que
le Zynecoin est censé émanciper : une promesse de vente totalement
farfelue mais que Jim va prendre au pied de la lettre) et son appât du gain, qu’il
va longtemps cacher à son public auquel pendant un an il fera croire qu’il fait
cela gratuitement tout en encaissant énormément d’argent.
La chaine YouTube de Jim devient la
boutique en ligne du Zynecoin et de Wethio, l’entreprise marrakchi de Karim.
Petit aparté qui a son importance car il
va dans le sens des choix de Karim depuis le début, lequel a comme leitmotiv de
toujours scrupuleusement respecter la loi : quiconque accepte sans qu’on
lui ait tordu le bras de faire depuis son compte en banque un virement sur le
compte suisse de l’épouse de Karim fait au couple Abdelkader un don à titre
privé. Nous sommes d’accord que celui qui pendant deux ans va inlassablement
répéter cette simple consigne n’est pas Abdelkader mais Jim à sa propre
communauté.
Sur le plan de la légalité, les choses
sont claires : la communauté de Jim, sur le conseil de leur influenceur
préféré, a augmenté le patrimoine des époux Benabdelkader. Tout l’argent fut
versé au créateur du Zynecoin à titre privé, lequel ultérieurement choisira
d’investir dans l’ICO, dans des immeubles et des terrains à Marrackech, dans du
personnel marocain et donc procédera à une augmentation de capital de Wethio.
Qu’a fait Karim envers les
investisseurs ? Exactement ce à quoi l’oblige la loi en tant que CEO de
Wethio : fournir le jeton, le placer sur les marchés et écrire un white
paper, en l’occurrence mis en pièces en son temps par les pros du métier, ce
qui ne posa à l’époque aucun problème à personne.
Un CEO s’engage-t-il à ce que son jeton
numérique atteigne un certain seuil et doit-il quoi que ce soit à ses
investisseurs si ce dernier ne décolle pas ? Absolument pas, pas plus que
le CEO d’un fond de pension ne doit quoi que ce soit à ses actionnaires si la
valeur de l’action stagne voire coule.
Celui qui de Karim et de Jim a la
responsabilité quant aux pertes enregistrées par ses suiveurs c’est sur un plan
éthique l’influenceur qui lui a gagné à tous les coups, en l’occurrence plus de
300 000 €, sans jamais rien entreprendre. Celui qui pendant deux ans a
bourré le mou à sa communauté, les aura poussés à sortir leurs économies, à
faire un virement sur un compte suisse privé, à ne surtout pas revendre, à ne
croire aucun des professionnels du métier ayant en son temps fait toutes les
alertes, à remettre du pognon au bassinet au fil de l’eau, c’est Jim le
veilleur, pas Karim, lequel a mis en œuvre des moyens humains sur la durée pour
répondre aux questions des investisseurs de la communauté de Jim comme le font
toutes les entreprises.
Jim le veilleur, totalement ignare en
affaires et qui dans la foulée conseillera à sa communauté une vingtaine de
ponzis sur lesquels il engrangera les parrainages, se prit pour un apporteur
d’affaires. Ce type qui confond absolument tout estime que faire la promotion
d’un shitcoin assis sur un fauteuil de boomer correspond au métier de quelqu’un
qui répond à des appels d’offres, fait des réunions d’avant-vente en clientèle,
effectue des devis, organise un portefeuille clients et négocie des contrats en
B to B.
Qu’a fait Jim le veilleur ? Il
s’est contenté de diffuser de la merde, d’encaisser les commissions puis de
s’en laver les mains après non sans avoir craché sur celui qui lui sauva la
mise lors du COVID où son contrat de chanteur pianiste avait stoppé net.
Karim, lui, s’est pris au Maroc six mois
d’enquêtes des services financiers et en est sorti blanc comme neige. Il a eu
le flair d’investir au bon moment sur de l’Ethereum, a su localement faire les
bons choix capitalistiques, a pris tous les risques et est devenu un
investisseur respecté des autorités marocaines. Il a ensuite diversifié ses
activités, s’est téléporté à Dubai d’où il a continué à multiplier les
promesses de vente farfelues sans jamais tordre le bras à quiconque ou violé la
loi, a loué des Lamborghini, fait fortune et assumé de faire dans le bling
bling sans complexes. Ça vous choque ? Faites-en autant ! Dans le
monde des affaires on ne recherche pas à se faire passer pour un bienfaiteur de
l’humanité comme ose le faire ce pauvre Jim.
Karim fut début 2025 victime d’un
chantage de Jim, lequel qui venait de se faire dérober ses jetons sur une
wallet qu’il avait confiée à un certain Farid à qui notre théosophe du Gueliz
avait sous-traité le développement de son second réseau social. Farid, que Jim
avait recruté sans appel à devis, n’était pas développeur et avait confié à Jim
avoir fait de la prison. Etonnez-vous qu’un an après il soit parti avec la
caisse.
Jim se retrouve dépourvu de ses
Zynecoin. Voyant ses ressources chuter, il va faire pression sur Karim afin que
ce dernier lui débloque à titre exceptionnel un variable contractuellement dû à
la condition que le Zynecoin soit au-dessus de la barre des 5 €, ce qui était
loin d’être le cas. « Donne-moi ce que tu ne me dois pas et je ferme ma
gueule auprès de ma communauté que je peux conduire à ôter leurs billes »,
tel sera le message. Ca s’appelle une tentative d’extorsion de fonds.
Pas effrayé pour deux sous, Karim fera
en deux vidéos rentrer le maître chanteur à la niche.
Pigeonnés par leur influenceur aux dents
longues, les suiveurs du gourou Wish de Marrakech seront par le même par
en-dessous encouragés à retirer leurs billes. Jim s’étant fait voler ses jetons
comme le dernier des cons, que lui importe dorénavant que ce qui fit sa fortune
coule ? Après moi le déluge !
L’ennui c’est qu’en face celui qui a
entièrement réussi son pari le plus légalement du monde et qui aujourd’hui vit
en Thaïlande après être devenu millionnaire, ce qui rend Jim fou de jalousie, a
ce qui s’appelle du répondant. Escroc, lui, comme l’a à de nombreuses reprises
qualifié Jim ? Lui qui a pris tous les risques, qui paie ses impôts et ses
taxes là où il faut et qui plus est a fait la fortune de l’autre médiocre ?
Tu veux jouer à ça Jim, lui a face caméra répondu le rusé Karim ?
Et de prendre la tête class action de ceux
qui ont perdu des plumes suite aux conseils de Jim dans une vingtaine de ponzis
en acceptant de payer de sa poche le cabinet d’avocat !
Car même si le Zynecoin ne vaut
quasiment rien, il est toujours sur les marchés. Tant qu’il est côté Karim n’a
rien à se reprocher, et notamment pas de tirer sur l’ambulance comme le fit Jim.
Et non, Jim le veilleur, toi qui n’as
jamais fait que planter 10 fois sur 10 tes petites affaires dans la plus grande
absence de transparence notamment sur un plan fiscal, le Darzyn n’est pas et n’a
jamais été la propriété des investisseurs de Wethio. Vérifie ! Il est le
bien de ton ancien associé, lequel en tant que propriétaire a le droit d’en
faire un restaurant à sushis. Ce qui signifie que le traiter d’escroc s’appelle
faire de la diffamation publique et est passible de poursuites.

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