2027 : Macron choisit Bardella !
Certains
d’entre nous se souviennent sans doute qu’en septembre 2023, ayant réuni à Saint
Denis les présidents de tous nos partis politiques dans une de ces réunions
Tupperware inutiles dont il a le secret, Emmanuel Macron s’était de retour en
son palais épanché auprès de son entourage et ne tarissait pas d’éloges sur
Jordan Bardella.
« Le meilleur
d’entre nous »,
avait-il alors confié. Quelques années avant que le sujet de son admiration ne
prenne neuf ans après lui-même la place conviée dans l’opinion de Chouchou 1er.
Cet
étonnant hommage à l’actuel président de ce RN qu’à peine élu l’actuel chef de
l’Etat, faisant avec les bras le compas de la victoire depuis la Pyramide du
Louvre nous avait la main sur le cœur promis d’éradiquer, est la marque de
fabrique de ce roi du en même temps qui quand il dit blanc pense noir et inversement.
On
se souvient que lançant la campagne des européennes en 2019 Macron, auto intronisé
chef des progressistes européens, s’était pour la première fois désigné pour principal
compétiteur le même. Son tube d’alors, les « qui
se projettent dans le futur » contre « les nationalistes tout
rabougris », avait installé face à Jordan Nathalie Loiseau, laquelle
contrairement à son nom ne s’envola guère puis disparut dans les limbes d’où l’avait
extraite notre suzerain.
A
peine réélu en 2022 pour la seconde fois face à cette Marine Le Pen qui à peine
les résultats connus l’appela hilare depuis une terrasse du côté de Saint Cloud,
le triomphant Emmanuel se hâta de ne surtout pas faire ce qu’à son poste il eût
fallu, à savoir prendre la tête des élections législatives pour faire gagner
les siens.
Enfermé
trois semaines durant en son palais, Emmanuel hésitait. Qui choisir comme
premier Ministre ? Elizabeth Borne fut le premier nom qu’il sortit de son
chapeau avant de l’y remettre dans la foulée puis de perdre trois longues
semaines à tergiverser pour finalement revenir à son point de départ.
Entre
temps la campagne législative s’était achevée et les résultats du premier tour furent
proclamés.
Pas
de chance, les Renaissance étaient loin de remporter la majorité, laquelle
semblait inatteignable tant pour eux que pour leurs principaux opposants. Que
fit le chef de l’état ? S’arranger pour que par consignes de désistement
interposées des candidats Renaissance en triangulaire on parvienne à contenir l’essor
de la NUPES afin d’augmenter par un effet de vases communicants le nombre de
députés RN. Pari gagné !
Deux
ans et trois cent motions de censure plus tard, le soir du ç juin 2024 et du triomphe
du RN aux européennes, Macron, à la surprise générale, dissout l’assemblée
nationale. Aux journalistes lui opposant que ce faisant il risquait d’installer
Jordan Bardella à Matignon, le maître des horloges cassées répondit boudeur que
c’était loin d’être automatique.
Encore
gagné le soir du second tour, sauf que pour le coup les 89 RN s’étaient au
passage comme les balais de l’Apprenti Sorcier multipliés.
Pressé
de dissoudre, le chef de l’état prendra plus de deux mois estivaux pour
désigner un successeur à Gabriel Attal, démontrant ainsi que sa précipitation à
appuyer sur le champignon atomique connaissait ce qui s’appelle quelques
arrière-pensées.
Réfléchissons.
A chaque élection le tube maison du réflexe républicain a beau encore marcher,
le fameux plafond de verre au-dessus de la tête des gaulois à chaque fois se
rapproche de nos têtes. Jordan échoue à son examen Matignon 2024 ? Ce sera
à coup sûr bon pour le coup suivant, songe le monarque, lequel, contraint à ne
pouvoir en 2027 se représenter joue le coup d’après.
On
assiste actuellement à un glissement de plaques tectoniques RN amusant :
de Marine vers Jordan puis de Jordan vers Macron. Traduisons : Bardella se
mellonise à toute allure et fomente en coulisses l’équivalent du pacte de non-agression
entre Georgia et Mario Draghi : tu fais ce que tu veux en régalien et en sociétal,
et en échange tu restes dans les clous budgétaires et européens. Traduction en
bon français du « pro business » du chouchou des sondages.
En
situation, Bardella ne pourra pas faire grand-chose tant sur le plan de la préférence
nationale (les constitutions françaises et européennes l’en empêchant) qu’en
matière de pouvoir d’achat, son prédécesseur ayant sympathiquement vidé les caisses.
Il durcira les mesures d’entrée sur le sol français sous un concert de caméras
et en coulisses comme le fit Melloni naturalisera à tour de bras des travailleurs
irréguliers pour satisfaire le MEDEF en toute discrétion. Question imposition
des entreprises, il se gardera de changer quoi que ce soit en s’abritant derrière
un souci de réalisme budgétaire puis se flattera de se faire bien voir par la Commission
Européenne.
Pour
la galerie il virera les drapeaux européens de nos palais, ce qui entre nous ne
coûte pas cher et surtout ne change strictement rien à nos petites vies.
Bardella
à l’Elysée, surtout avec Mélenchon en opposant numéro UN, c’est l’assurance de cinq
années de zizanie dans le village gaulois, de défilés rageurs, de
manifestations sauvages, d’Antifas et de Nemesis dans tous les coins sur fond
de gaz lacrymos. Le tout avec des petits partis de rien du tout qui hurlent
dans le désert, un chef de l’état qui joue le gendre protecteur de notre sécurité
comme de nos biens et un ministre de l’intérieur sur le pont 365 jours par an.
Après
trois ou quatre ans de raffut passés loin des caméras, se dit Manu, il est
temps d’envoyer depuis le Touquet quelques cartes postales :
« Finalement
avec moi vous étiez bien plus tranquilles » …
Voilà
à mon sens pourquoi Macron et les élites financières qui le dirigent aiment
tant Jordan Bardella.

Comments
Post a Comment