Jordan Bardella : un séducteur en Promotion Canapé pour 2027.
Depuis
qu’une dame blonde amatrice de chats sent le couperet se rapprocher de son cou,
la France s’est découverte une passion pour un tout jeune homme âgé de trente
ans, simple bachelier ayant abandonné très vite ses études universitaires et ne
revendiquant en guise de curriculum vitae qu’une succession ininterrompue de
postes obtenus au sein du premier parti d’opposition du royaume : j’ai
nommé le joli Jordan, enfant d’immigrés italiens né à Drancy, et mis en selle depuis
2019 par sa bienfaitrice Marine comme étant son dauphin.
Celle-ci
semble l’avoir intérieurement admis, et avec elle le petit peuple de France,
depuis sa comparution en appel en février dernier : passer le témoin à
celui qui fut un temps amant de l’une de ses nièces et donc faire de cet ancien
plan cul des Le Pen devenu son plan B le candidat du RN est en train de muter
en nécessité. On peut, jusqu’au 7 juillet prochain, battre à deux la campagne
comme si de rien était comme au bon vieux temps, mais sans se voiler la face :
celui qui a les plus grandes chances cette fois d’en être s’appelle Jordan Bardella.
Le
nouveau produit mode du RN a de quoi séduire : un physique de stewart imberbe,
une faculté à prendre la lumière, une belle gueule d’amour qui passe bien dans
les shorts sur Instagram et quelques amitiés dans le show biz comme Cyril
Hanouna avec lequel il partage certains séjours estivaux. Ajoutez à cela une Barbie
mannequin labellisée Bourbon des Deux Siciles, et vous avez de quoi orchestrer
quelques paparazzades un tantinet plus sexy que celles de Zemmour dans les bras
de Knafo en Une de Paris Match.
Le
Bardella Show ratisse large : sugar-mamies en pamoison sur les marchés de
la France périphérique, jeunes identitaires prépubères alpagués sur les réseaux
sociaux où Jordan se filme en train de repasser, jeunes retraités séduits par l’incarnation
souriante de cette droite qu’on taxe à tort ou à raison d’extrême tout juste
tamponnée par le Medef, tout le monde en pince pour le Ken du RN.
Sa
profession de foi brochée, 23,90 € en version papier, 16,90 en version Kindle,
caracole dans les premières places des Point Presse et frôle les ruptures de
stocks dans nos gares et nos aéroports. Sur la couverture, gominé comme Cary
Grant, Jordan, biberonné depuis l’adolescence à Friends, prend la pose, stylo
Mont Blanc posé sur une feuille de papier.
« Un peu
plus serrée, la mâchoire, ça fait plus président », lui souffle le
coach en coulisses tandis que le photographe officiel baisse d’un cran l’éclairage.
Ce que veulent
les français :
c’est le titre, au-delà du livre, du storytelling fortement inspiré de celui
qui jusqu’en mai 2027 occupe la fonction visée. On prend un homme jeune, on lui
fait investir les réseaux sociaux, rencontrer ceux qui comptent, adopter et
répéter des postures qui font président. On le met en scène dans de courtes
séquences destinées à tourner tantôt chez les jeunes tantôt chez leurs ainés en
jouant la carte familiale : comme avec Emmanuel Macron en 2016/2017, on
fait pénétrer le produit Jordan par le biais de la fille de la famille,
laquelle en parle à maman, qui, séduite, convainc son mari, lequel se charge
enfin du fils.
L’ennui
avec Jordan, c’est que contrairement à celui qu’il espère grand-remplacer l’an
prochain il n’a dans sa besace ni études ni CV ni aucun métier à revendiquer,
sinon une aptitude à prendre la lumière, à dérouler avec aisance un
argumentaire qu’on croirait défiler sur un prompteur et à séduire.
Dans
les faits, celui qui sur les tréteaux du RN prend la vedette et se saisit trois
fois par jour du micro a passé son temps à déserter ses impératifs. Champion de
l’absentéisme tant au Parlement Européen où il brille par le nombre
excessivement faible d’amendements qu’il a déposés (21 en 5 ans seulement) qu’au Conseil Régional d’Ile de France où
sa longiligne silhouette fut à peine croisée (100% d’absence au 1er semestre 2022), celui qui n’alla
jamais jusqu’au bout d’une année universitaire comme le font pourtant des
centaines de milliers de jeunes en France donne le sentiment de n’avoir jamais
réussi qu’en couchant dans le sens propre ou figuré : hier avec la fille
de Frédéric Chatillon, ancien du GUD, puis avec celle de Marie-Caroline Le Pen,
aujourd’hui avec une jeune aristocrate de l’hyper classe fortunée pour la dimension
horizontale, auxquels s’ajoutent près de dix ans de mamours et de coups de
pouce avec la cheftaine Marine Le Pen côté vertical et carrière.
Un
pro de la promotion canapé, ce séducteur de Jordan. Question : sa
prochaine dulcinée, celle de 2027, parviendra-t-il aussi aisément à l’emballer ?
A
un an du scrutin, à l’heure où l’on en est à batifoler de plateaux de télévision
à salles remplies de supporters endiablés, on peut encore, auréolé par des mois
de sondages aussi affriolants que virtuels, se la raconter. L’arène, on n’y
pénètre qu’en janvier, et là, les beaux sourires, les jolies poses, les
formules apprises par cœur, tout cela à défaut de voler en éclats se retrouve
propulsé dans une lessiveuse telle qu’un freluquet même hyper préparé peut se
faire davantage que bousculé par bien mieux rôdé que lui.
Séduire
et plaire quand on assied pareille ambition sur un fil aussi ténu, ne suffisent
guère. Ce n’est pas par un habile coup de rein, fût-il élégamment prodigué, qu’à
défaut d’échouer à traverser les grilles de l’Elysée, on fidélise la mariée.

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