La bouillie New Age mal digérée de Jim le veilleur.
Il
est bon de rappeler, même si l’intéressé depuis quelques années s’est fait plus
discret sur la question, quelles sont les bases sur lesquelles s’appuie celui
qui sur les réseaux se fait appeler Jim le veilleur.
Ses
délires complotistes, ses enseignements thérapeutiques bidons dont il fait actuellement
commerce comme sa lecture paranoïaque d’une actualité dont il se contente de
faire un résumé en piochant ses fake news sur des sites de télévangélistes
américains, de trolls russes et autres piqués de la sphère d’extrême droite présente
sur le web : tout cela plonge dans ce qui fut à l’origine de la présence
même de ce gourou du pauvre sur la
plus grosse plateforme de diffusion qu’est YouTube, ce que lui-même qualifie d’ésotérisme et que nous autres désignons de
mouvement sectaire.
La
pierre angulaire de la vision du monde telle que développée par Jim le veilleur
est celle d’Alice Bailey et donc du New Age, du théosophisme
plus précisément comme le qualifia en son temps René Guénon.
Distinct
de la théosophie antique, le théosophisme, né des élucubrations d’Helena Blavasky
à compter de son premier ouvrage datant de 1875 à laquelle Alice Bailey et l’Ecole
Arcane se rattachèrent, n’entretient que peu de points communs avec l’hindouisme
et le bouddhisme dont il tâcha de faire une forme de syncrétisme avec la spiritualité
chrétienne. Il s’agit davantage d’une forme d’occultisme s’inspirant de l’ésotérisme
oriental pour mieux l’occidentaliser et y ajouter des touches d’astrologie, de
télépathie et de prétentions à caractère prophétique autour du retour du Christ.
Se
rattachant au théosophisme de sa gourelle Alice Bailey, Jim semble avoir lu en
diagonale certains de ses enseignements, faisant notamment l’impasse sur la
volonté de celle dont il se réclama pendant des années de participer sur un
plan spirituel à la création d’un gouvernement mondial censé aider l’humanité à
préparer la venue d’un Christ ressuscité. Pour
cet adepte du nationalisme dans ce qu’il a de plus crasse, il y a de quoi
sourire : sa papesse aspirait de toute son âme à fonder ce qu’il dénonce
depuis des années.
Ce
qu’on comprend en écoutant Jim le Veilleur, c’est qu’il a compris de travers ce
qu’il a étudié. Passé par les Rose Croix puis par des croyances lucifériennes,
Jim basculera ensuite dans Egalité et Réconciliation puis dans le complotisme bas-de-gamme
dont il fera une sorte de best of rassemblant autour de sa personne les cerveaux
les plus dérangés de la francophonie : Jean-Jacques Crèvecœur (un gourou sectaire comme lui, mais bien meilleur en
affaires), Francis Lalanne, Dieudonné Mbala Mbala, Richard Boutry, Jacques Grimault,
Chloé Frammery … Tous passeront faire un petit tour dans la petite boutique des
horreurs de Jim.
S’auto-définissant
comme éveilleur de conscience, lanceur d’alerte et être christique aux pouvoirs
spirituels et intellectuels hors du commun (il alla jusqu’à prétendre sans rire à l’antenne
avoir été qualifié d’incarnation de la sagesse par un grand maître tibétain),
Jim le veilleur incarne à l’excès l’ère de ces prophètes de supermarché qui pullulent
dans une époque contemporaine où tant d’occidentaux sans repères cherchent à se
raccrocher à de nouvelles croyances pour se rassurer.
Avec
ce boutiquier aussi colérique qu’inculte mais doté d’un toupet impressionnant,
les gogos ont trouvé leur berger et lui sa manne financière. Jamais rassasié de
gains à faire sur le dos de ce qu’il appelle sa « communauté », Jim
leur sert sa bouillie New Age sur fond de détestation d’Israël et entretient
telle la sorcière de Blanche Neige l’illusion face à son miroir virtuel d’être
la plus belle.
Son
canal de désinformation continue a beau multiplier les grands écarts permanents,
ce grand sage autoproclamé capable d’affirmer l’exact contraire de ce qu’avant-hier
la main sur le cœur il jurait que c’était la vérité se montre inapte à la
moindre introspection. Il y a le monde de Jim et il y a les autres,
ceux qu’il bannit, ceux contre lesquels il s’emporte, ceux qu’il menace à
tire-larigot d’actions en justice imaginaires.
Prisonnier
de ce double de lui-même qu’il nomme Jim, celui qui dans la vie se prénomme
Jean-Marc s’est enfermé dans un couloir narratif d’où il multiplie impunément
anathèmes et appels à la haine tout en s’étant convaincu d’être un être de
lumière en guerre contre les forces du mal.
Face
à pareilles pathologies, Alice Bailey diagnostiquerait sans doute la folie de
celui qui se dit avoir été son élève. Même le New Age ne méritait pas pareille
bouillie.

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