Mélenchon 2027 : en piste vers le second tour !

 

4 mai 2026, à l’issue du JT de TF1 apparait en cravate rouge, veste bleu sombre et tout droit sorti de chez le coiffeur, celui que les français ont désigné depuis des mois comme étant l’épouvantail à moineaux le plus toxique de la vie politique actuelle : Jean-Luc Mélenchon, le leader en chef de LFI.

Celui que nous voyons à l’image n’a que peu à voir avec celui que ces trois dernières années nous avons vu éructer. A l’insoumis radicalisé succède comme en 2021 un petit père des peuples aujourd’hui âgé de 75 ans, souriant et concentré.

C’est que Jean-Luc ne s’est pas invité au JT pour une fois encore engueuler les trois quarts de l’opinion mais pour annoncer à l’heure du repas du soir sa quatrième et attendue candidature à l’élection présidentielle. Et pour ce faire il a posé sa caricature toute de bruit et de fureur dans le vestiaire pour lui substituer cette autre que nous lui connaissons également, celle d’un professionnel de la politique posé, roué, préparé à l’excès et prêt à lancer ses rets pour telle Circée de ses filtres nous charmer.

LFI, ce collectif au fonctionnement gazeux qui n’a de ses propres mots pas grand-chose à voir avec un parti dit démocratique, s’est réuni et l’a unanimement désigné pour rempiler. Il nous le confie les yeux dans les yeux, lui il n’attendait qu’une chose, passer le témoin comme il nous l’avait presque juré le soir du premier tour des présidentielles précédentes … Sauf que le contexte, la guerre, la crise, le réchauffement climatique … Et puis cette chambre de ratification composant le bureau de LFI parmi lequel on cherche en vain le moindre racisé labellisé Nouvelle France …

Notre grand homme se dévoue à la cause, je veux dire, à celle de tous les français, contre les privilèges, contre le racisme, avec en stock une machine de guerre parfaitement huilée, un site dédié avec tous les items de campagne déjà prêts, un institut de la Boétie en plein travail thématique et une équipe de petites vedettes maison dont les trombines sont dit-il connues et appréciées des petites gens.

Le professionnalisme du dispositif emmené dans la besace de Mélenchon tranche avec l’impréparation de ces troisièmes couteaux que sont ses concurrents de la gauche hors LFI qui comme des champignons chaque semaine se multiplient. Lesquels en sont encore à des questions de tuyauterie, primaire, pas primaire, avec qui et contre qui. La mécanique LFI travaillait en coulisses tandis que ses têtes de pont et leurs députés hurlaient à tout va, et tranquillement le mâle blanc âgé de 75 ans vient tout bonnement, à défaut de les démoder, de leur imposer une nouvelle fois ses thèmes et son rythme.

On le sait, Mélenchon, entre 2012 et 2017 puis 2017 et 2022, pour décrié qu’il soit, n’a pas arrêté de progresser. Donné à 12% à un mois du dernier scrutin il a fini dix points au-dessus. Le réflexe du vote utile à gauche, il entend une nouvelle fois le préempter, comptant sur les réserves d’abstentionnistes qui aujourd’hui ne sont pas comptabilisés dans ces sondages éloignés du scrutin plaçant l’addition des votes de gauche à seulement 31% de la totalité de l’électorat.

La photo à l’instant T, ce vieux briscard parie à raison qu’elle ne correspond pas à la réalité. Son calcul, extrêmement habile, se situe là. Dans le bulletin Mélenchon glissé in extremis pour faire perdre Bardella, Edouard Philippe ou que sais-je, également pour éviter l’absence d’un candidat de gauche au second tour.

Pour y parvenir, construire l’illusion de l’inverse de ce que les trois années précédentes il a fait à savoir cliver, cliver et encore cliver. Là, il pose les fondations d’un discours démagogique de rassemblement autour de grands principes et redessine les contours des thématiques attrape-banlieues qu’il a lui-même imposées pour s’agréger son socle de 12%. Et le voilà qui dénonce le racialisme et le communautarisme avec un aplomb aussi sidérant que souriant. Même la journaliste du JT de TF1 qu’on ne risque guère de soupçonner de mélenchonisme a l’air séduite, elle ne le relance pas et passe au point suivant comme si de rien était.

Il les a tous pris de cours. Et vous verrez, il risque une fois encore de nous surprendre l’an prochain vers mars avril. Et qui sait, pour cette quatrième et ultime campagne franchir le cap du second tour.

En filigrane, il a d’ailleurs frontalement imposé le second tour avec Jordan Bardella, celui contre lequel il pense et rêve de concourir : contre les privilèges, contre le racisme et contre le manque d’expérience dans un moment historique d’extrêmes tensions. La messe fut dite.




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