SADE : No ordinary love.
Lorsqu’en
1984 sort Diamond Live, le
premier album de Sade que j’achetai à peine entendu Smooth Operator,
je suis âgé de 19 ans. Immédiatement ce smooth jazz et cette voix chaude et
sensuelle vont pénétrer mon intimité, le 33 tours passant alors plus de quatre
fois par jour dans ma chambre.
Il est
vrai, cette musique héritée de ces immenses stars américaines que j’écoutais
alors, Billie Holliday, Nina Simone ou Aretha Franklin, est à contre-courant de
l’ensemble de la production musicale de l’époque. 1984 c’est l’année de Like a virgin, le premier triomphe de
Madonna, de Cyndi Lauper ou de Michael Jackson, ce sont les débuts de Canal +
et l’invasion des vidéoclips, c’est une année charnière où la musique s’impose
de plus en plus comme une industrie, celle des producteurs. Et là, depuis
Londres, apparait celle que nous connaitrons sous le nom de Sade (qui est à la
fois un diminutif de son prénom, Helen Folasade, et le nom du groupe auquel
elle appartient) : une femme intemporelle, ancien mannequin d’origine
nigérienne, je l’apprendrai également créatrice de vêtements masculins.
Une
sirène glamour qui fuit les interviews et refuse d’entrée de jeu de signer un
contrat seul sans ses partenaires de scène.
En
1984, Helen Folasade Adu devient Sade et Sade à mes yeux une référence.
Immédiatement. Comme il en sera de même pour énormément de gens non seulement
de ma génération mais de celle de mes parents, mon père et ma mère étant
eux-mêmes conquis par la voix et la musique de cette nouvelle diva qui dès les
premières apparitions sur les antennes est devenue une icône.
Une
icône qu’on retrouvera dès l’année suivante avec un second album, Promise, encore plus réussi que le
premier, s’ouvrant sur un de ses plus beaux titres aux accents de saxophone
déchirants : Is it a
crime ? Avec Promise,
la promesse se double d’une dose d’élégance supplémentaire et devient pour
fêter mes vingt ans l’album d’entre tous, celui que je vais passer en boucle
pendant des mois, le soir et la nuit notamment, lorsque je lis.
La voix
de Sade, cette voix murmureuse, se marie si bien au monde de la nuit, également
aux mots des plus grands auteurs de la littérature qu’alors je
découvrais. War of the hearts,
Jezebel, Maureen, The sweetest taboo … : ces
titres ensorcelants m’aideront à entrer pas à pas dans l’âge adulte.
Sade
est devenue plus qu’une amie : celle qui accompagne mes nuits.
Pour
autant, celle qui dès ses débuts charriera un public international aussi dense
que fidèle donnera le ton dès ses premières apparitions : classe,
discrète, avare de confidences, tenant à distance les curieux, elle ne parle
que d’une chose, sa musique donc son art. D’elle on ne sait rien, je veux dire
rien qui ne nous concernerait en rien, en revanche on partage ses émotions, ses
chagrins, sa mélancolie, ses sourires aussi.
1988, Stronger than pride, 3ème album,
aussi splendide que le précédent, et creusant inlassablement le même sillon.
Alors qu’autour d’elle les producteurs poussent les vedettes des charts à se
renouveler en permanence Sade demeure elle-même, contre les critiques de la
presse britannique moquant son peu de charisme supposé sur scène comme sa
discrétion.
De
l’autre côté de la Manche l’ère est aux tabloïds, et la star ne leur donne pas
un morceau à se mettre sous la dent, alors ils brodent et broderont jusqu’à la
calomnie.
Jamais
elle ne leur répondra. Sinon par sa musique, laquelle a depuis 1984 traversé
l’Atlantique et fédéré un public important. Aux USA Sade est également devenue
une icône, de celles, très rares, qui plus tard inspireront énormément de
chanteuses plus jeunes issues notamment du R&B. Alicia Keys, Beyonce, elles
seront légion à témoigner combien Sade fut pour elles la première source
d’inspiration.
1992,
sortie du 4ème album, Love
Deluxe. J’ai 27 ans. No
ordinary love, Pearls, Cherish the day … : que des bijoux. La
sirène Sade après quatre ans d’absence et de silence a repris le haut de
l’affiche sans la moindre promotion. Celle qu’on dit passée de mode génère d’un
public international ce désir de foncer acheter dès le premier jour son nouveau
CD, ce que pour la 4ème fois je ferai.
Sans
savoir cette fois qu’il nous faudra à tous attendre huit ans pour qu’en 2000 un
nouvel opus ne sorte. Car Sade est ainsi, telle une star intemporelle :
elle apparait, s’éclipse, ne parle presque pas, ne se livre jamais. Il y a les
disques, il y a les concerts et puis il y a elle avec chacune et chacun d’entre
nous dans cette histoire intime qui court sur plus de quarante ans à présent.
Quarante deux ans de carrière, six albums seulement, et une direction musicale
qui s’affinant avec le temps demeurera constante, sans céder à aucune mode ou à
aucun diktat.
Sade
fait partie des très rares, à se demander si à ce niveau de notoriété elle
n’est point la seule à l’avoir réussi, à n’avoir jamais concédé le moindre
compromis avec l’industrie du disque. No ordinary
love : les paroles de cette splendeur qu’elle signa disent tout :
I gave you all the love I got
I gave you more than I could give
Gave you love
I gave you all that I have
inside
And you took my love
You took my love
Didn't I tell you
What I believe?
Did somebody say that
A love like that won't last?
Didn't I give you
All that I've got to give, baby?
I gave you all the love I got
I gave you more than I could give
Gave you love
I gave you all that I have
inside
And you took my love
You took my love
I keep crying
I keep trying for you
There's nothing like you and I, baby
This is no ordinary love
No ordinary love
This is no ordinary love
No ordinary love
When you came my way
You brightened every day
With your sweet smile
Didn't I tell you
What I believe
Did somebody say that
A love like that won't last
Didn't I give you
All that I've got to give, baby
This is no ordinary love
No ordinary love
This is no ordinary love
No ordinary love
I keep crying
I keep trying for you
There's nothing like you and I, baby
This is no ordinary love
No ordinary Love
This is no ordinary love
No ordinary Love
Keep trying for you
Keep crying for you
Keep lying for you
Keep flying and I'm falling

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