Annulation de tournée : la ligne de défense de Patrick Bruel se précise.
Quelques lignes sur Instagram pour annoncer
après trois mois de tentatives à concilier vie professionnelle et scandale qu’il
jette l’éponge et annule sa tournée. Laquelle, après ses quatre mises en examen
de juin et la multiplication exponentielle des plaintes, prenait la voie d’un
chemin de croix alors même que nous parlons de concerts censés fêter les trente-cinq
ans de la sortie triomphale de son album « Alors regarde ».
A compter des révélations de Flavie Flament,
le monde artistique couvrant jusque-là les agissements du présumé innocent
Patrick Bruel s’est lentement retourné : que ce dernier attente sexuellement
de jeunes inconnues, cela fait partie des mœurs, mais une des nôtres !
Nous avons pu observer le même double mouvement de soutien complice puis de
lâchage avec Depardieu et Adèle Haenel : on sait et on se tait parce que
dans nos rangs pullulent les brebis galeuses jusqu’au moment où on doit la
sacrifier pour maintenir le troupeau tout entier.
Il n’y a en soi rien de choquant qu’un
présumé innocent puisse exercer son métier, ce qu’évidemment son contrôle judiciaire
lui a autorisé de faire. Bruel n’a pas été jugé. Pas plus que Nicolas Sarkozy
ne dut cesser toute activité une fois mis en examen Bruel, qui bénéficie
évidemment de droits, peut chanter et faire une tournée. Sauf qu’il a un moment
senti que celle-ci allait exciter l’atmosphère et qu’il allait y perdre des
plumes. Il a donc je suppose sur le conseil de son avocat joué intelligemment
la carte de l’apaisement.
Aux yeux d’une part importante de l’opinion
il est devenu le croquemitaine. Lui le prédateur présumé est devenu une cible. La
situation s’est retournée médiatiquement à son désavantage et son intérêt
immédiat est dorénavant de faire profil discret jusqu’à son procès. Où son
avocat plaindra que ses accusatrices ont sabordé sa carrière, aidées par des
ligues féministes de l’ultra-gauche.
Homme public depuis quarante ans, Bruel
ne peut que se défendre ainsi : en tentant d’imposer un plan média. A la
surexposition et aux dénis il oppose donc aujourd’hui un nouveau chapitre :
celui de sa propre invisibilisation dans l’espace public. D’où ce statut sur
Instagram assez sobre dont tous les mots ont été soupesés. Tactiquement bien
joué pour se sortir d’une impasse. Bruel, ne l’oublions pas, est un joueur de
poker menteur aguerri, ce qu’on lui reproche dure depuis plus de trente-cinq
ans, trente-cinq ans à jouer à cache-cache avec le respect de la loi. Il n’est
pas ou plus de notre monde et plus comme nous depuis extrêmement longtemps. En
sacrifiant sa tournée il limite la casse sur le plan financier, celle-ci étant
produite par sa propre société. Des clauses de rétractations ont dû être incluses
dans certains contrats et les projections de pertes possibles effectuées,
lesquelles font probablement partie de l’équation.
La ligne de défense de Bruel, pour
cynique qu’elle soit, m’apparait limpide : il n’a abusé d’aucune femme étant
donné que celles-ci fussent-elles nombreuses étaient toutes consentantes, il regrette
qu’elles aient souffert et tout compris de travers, on lui a bousillé sa
carrière et sa tournée, il est âgé et foutu, pleurez dans les chaumières.

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