"Des ratés de la science" : la pitoyable défense de Didier Raoult sur Radio Courtoisie.
« Des
ratés de la science ».
Voilà comment
sa sommité Didier Raoult, seul scientifique au monde à toujours avoir raison
tout en étant dans le top dix mondial des scientifiques ayant vu le nombre d’études
publiées annulées pour insincérité, balaie d’un revers de main méprisant ses contradicteurs
l’ayant démasqué dans le documentaire en quatre parties actuellement
diffusé sur HBO.
Sur le
fond même de ce qu’il lui est reproché, il ne consacrera pas une seconde :
pas de mon niveau, voyons, je ne réponds pas aux ratés.
Raoult,
c’est bien connu, ne souffre guère de se plier à ce qu’on appelle la méthode
scientifique basée sur une idée simple, celle du consensus où on est à tout
moment susceptible d’être repris et corrigé par ses collègues. Le Deus ex
Marseilla et son hubris envahissant ne peuvent être livrés à la vulgate des
ratés, pour reprendre son expression, balancée ce 16 septembre à l’antenne de
Radio Courtoisie.
Et de
citer dans la foulée Kennedy, l’antivax azimuté de Donal Trump, comme référence
scientifique.
Au « maitre
des horloges », « Mozart de la Finance » et « Grand
Architecte de la reconstruction de Notre Dame » a donc succédé dans le hit-parade
des grands nombrils derviches tourneurs notre jeune retraité, druide de métier
et actuellement patron d’une star up commercialisant des produits anti rides.
Toujours aussi à côté de ses pompes, méprisant, cinglant, appuyant sa pitoyable
diatribe en parlant de société du factice, lui l’expert en études cliniques
bidonnées et en revues médicales fallacieuses lui appartenant ayant servi à
mettre en avant les précédentes.
Radié
de la médecine depuis 2024, Raoult tel une toupie continue à entretenir son
public d’antisystèmes biberonnés aux cryptomonnaies dans leur adoration de la
figure d’autorité qui l’auréole, lui qui fut par certains de ses anciens
salariés accusé de pratiquer le harcèlement et le management par la terreur.
Habitué
aux réseaux sociaux comme aucun membre de son ancienne profession, l’ancien
directeur de l’IHU de Marseille, autrefois payé comme un ministre sur fonds
publics, est un professionnel de la communication qui n’a pas son pareil pour
faire régler la note à la collectivité. Ce promoteur de la liberté d’expression
fit financer pas moins de six procédures bâillons contre six de ses
contradicteurs par l’argent de nos impôts, procédures qu’il perdit toutes les
unes après les autres avant de se faire radier par l’Ordre des Médecins en
appel. Mais pour sa suffisance à la barbe blanche ça ne suffit pas, il faut
encore et toujours insulter, ferrailler et entrainer à sa suite une cohorte de
benêts prêts à le suivre dans ses dérives égotiques.
Didier
Raoult incarne à la perfection le phénomène d’autodestruction de certains dinosaures
de son époque, celle de mai 68 où il était alors interdit d’interdire. Autrefois
brillant, surdoué on peut le dire, admiré, primé et loué, il s’est enfermé progressivement
dans une tour d’ivoire où le réel ne pénètre guère que pour lui fournir des
armes renouvelées au fil de ses intérêts bien compris.
La force
de sa mauvaise foi a pris en termes discursifs des proportions vertigineuses :
balayant tout ce qui ne va pas dans son sens, il utilise sans vergogne des
références d’autorité à des institutions qui l’ont condamné pour leur faire
dire à son propos l’inverse de ce qu’elles ont exprimé puis les brandit comme des
cautions morales.
A ce
niveau de grand écart (du « en même temps » dans le texte) on peut en
effet oser la comparaison avec l’actuel chef de l’état français, lequel, comme l’ancien
microbiologiste, est capable de nous asséner à quelques semaines d’intervalle
une chose puis son exact opposé.

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