Intelligence Artificielle : à quel taux de probabilité d'une extinction possible de l'humanité Frankenstein va-t-il s'arrêter ?
Le chercheur
britannique en intelligence artificielle Jacob Coxon âgé de 27 ans, tout juste
démissionnaire d’Anthropic qu’l jugeait plus prudent après avoir pendant trois
ans collaboré chez son concurrent direct Open AI, vient de démissionner de
façon spectaculaire à la veille de l’entrée en bourse de son employeur.
Travaillant sur le pré-entrainement, étape durant laquelle les IA absorbent d’immenses
quantités de données, il accuse les deux grands laboratoires américains de
jouer avec nos vies.
« Les
gens qui construisent l’IA croient sincèrement qu’elle pourrait tous nous tuer
d’ici à la fin de la décennie. Ce n’est pas un coup marketing », écrit-il sur X. « Aucune
des deux entreprises n’agit de manière responsable. Elles foncent tout droit
vers une superintelligence capable de s’améliorer elle-même et jouent avec nos
vies ».
Un
responsable de la sûreté d’Anthropic, Evan Hubinger, lui a donné raison : « Nous
croyons vraiment, sincèrement, que l’IA pourrait tuer tous les humains »,
a-t-il affirmé, évaluant le risque à « plus de 10 % » dans
la décennie. Hubinger ajoute qu’Anthropic faisait « de son
mieux » mais n’avait « pas encore de plan » pour
s’assurer qu’une IA surpassant des capacités humaines obéisse encore à ses
concepteurs, tout en jugeant « faible » le risque posé par
les modèles actuels.
En
février, Anthropic a retiré de sa charte de sûreté l’engagement de suspendre le
développement de ses modèles si elle ne parvenait pas à en maîtriser les
risques, sous prétexte qu’une pause unilatérale laisserait les acteurs les
moins prudents dominer la compétition, sans contre-pouvoirs.
On le
voit, l’esprit de compétition comme la perspective de levées de fonds suite
à l’entrée en bourse lèvent tout principe de précaution. On s’aligne pour
limiter le pouvoir de sa créature sur ce que le savant fou d’à côté pourrait lui-même
tenter avec pour variable d’ajustement la possibilité d’une extinction pure et
simple de l’humanité. Laquelle est pensée en termes de probabilité : en l’occurrence
10% à horizon 10 ans.
On en
déduit que pour les stratèges court termistes d’Anthropic cette probabilité est
jugée comme état acceptable étant donné que la manière dont ils raisonnent est :
cela vaut le coup de continuer et de prendre ce risque puisque nous avons
neuf chances sur dix d’y échapper.
Une société
privée (deux en l’occurrence) s’arroge donc le droit de jouer à la roulette
russe avec le sort de l’humanité, le regard rivé sur une entrée en bourse. On
peut se demander, à supposer que l’on laisse en vase clos ces Docteur
Frankenstein, ce qui pourrait les motiver à réintroduire dans la charte de
sûreté l’engagement de suspendre le développement de ses modèles si elle ne
parvient pas à en maîtriser les risques. Serait-ce au taux de probabilité de
20% ? 30% ? A quelle échelle de risques encourus cette bande de fous
furieux laissés libres estiment-ils que leur jeu n’en vaut plus la chandelle et
qu’il convient (étant donné que leur critère est celui-là) de laisser leur
concurrent Open AI les dépasser ?
Parce
que c’est bien de cela, au-delà de la dimension financière, laquelle m’apparait
secondaire dans cette équation folle, qu’il s’agit : de concurrence. De
compétition. Cette fameuse compétition censée être d’après nos dirigeants
et leurs entrepreneurs de pacotille à la Musk et consorts un moteur.
Parlons
donc de cela, de ce qui fut la cause de la démission du jeune chercheur britannique,
lequel fait la tournée des médias avec ses révélations, lesquels médias
réagissent comme vous et moi, en étant médusés : l’esprit de
compétition qui détruit tout. Celui qui est à la racine de la création de l’IA,
des drônes, des armes nucléaires, des virus informatiques, des projets hyper-toxiques
développés par Musk dans Starlink. De toutes ces choses qu’ILS créent, dont
nous n’avons nullement besoin, et qui nous détruisent alors même que notre
planète brûle.
Se
prenant pour des dieux, ces nains de jardin libertariens de l’ultra
capitalisme, qu’ils soient chinois, américains ou saoudiens, sont tels des Cronos
qui s’étant unilatéralement arrogés la privatisation de la planète, de ses
ressources et de ses êtres, jouent au jeu des probabilités en comparant la
taille de leur sexe avec celui du voisin.
« Si
je le dépasse de 5 centimètres alors j’arrête le jeu, mais tant que je n’y
serai pas parvenu je continue ». C’est la roulette russe de Voyage
au bout de l’enfer où on rajoute une balle dans le barillet à chaque match.
Disons-le :
l’absurdité n’est pas que ces vieux enfants émasculés jouent à cela mais bien
qu’on les laisse continuer en connaissance de cause. « On », ce sont
ces guignols qui osent se qualifier de dirigeants et qui ne contrôlent ni ne
dirigent personne si ce n’est leur carrière. Nous flirtons dans cette course
poursuite vers la surpuissance avec le mythe de Prométhée.

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