Jordan Bardella quitte le haut de l'affiche
On a
senti le vent de la honte souffler tout récemment dans l’équipe de campagne de
Marine Le Pen : intronisé futur potentiel premier ministre de la France, l’encore
Président du RN, le sémillant et sans saveur Jordan des Deux Sicile, est tombé
dans un traquenard tendu par le vieux briscard du Brexit, le sulfureux Nigel
Farage. Censé militer pour la baisse de l’immigration en France, le débutant au
costume amidonné, sourire de hamster coincé collé aux lèvres, a apposé sa signature
devant les caméras sur un texte concocté par son homologue britannique
contraignant la France à récupérer les immigrés expulsés par le Royaume Uni sur
notre sol devenant en l’état à nos frais une zone de tri.
On peut
rêver plus cocardier.
Ce
déplacement, Marine n’en voulait pas, mais le poulbot instagrameur a insisté.
Résultat ? Tollé sur l’échiquier français de gauche à droite et silence
gêné de ses copains de régiment. « Ça n’engage à rien », s’est défendu Jordan
la Gaffe, sous-entendant que sa propre signature ne valait rien, ce qui augure
mal de cette dernière en cas d’entrée à Matignon. On imagine les gros titres :
« Le premier ministre vient d’engager à l’encre magique la France dans un
plan pluriannuel de lutte contre l’islam radical ». Ça fait sérieux.
Depuis
que la cheftaine à la surprise générale l’a rétrogradé à la seconde place, on
ne compte plus les gaffes et les couacs de celui qui sans CV se voyait déjà en
haut de l’affiche. C’est une chose que de lire un prompteur chez Hanouna ou sur
LCI et de multiplier shorts et selfies, ç’en est une autre que d’exercer un
métier quand celui pour lequel on est depuis dix ans convenablement payé consiste
à sécher les séances pour aller faire son intéressant au Grand Prix de Formule
Un. Au Conseil Régional d’Ile de France, Bardella se confondait avec les courants
d’air, idem à Strasbourg où bébé n’apparaissait que quand les chaines de télévision
précédaient ses pas.
Shooté
aux réseaux sociaux, à la téloche et aux sondages, Bardella fait partie de cette
génération de pantins pour qui la politique se confond avec le nombre de publications
et de likes sur TikTok et qui goutent peu les commissions où on potasse à quinze
dans une salle de sous-sol pour préparer le budget de la sécurité sociale des
français. Pour lui le lèche-cul de la benjamine des Le Pen, les français se
confondent à des silhouettes rencontrées et embrassées au kilomètre. Les
blessures de Marine, elles l’ont épargné, lui le gendre idéal dont le principal
fait d’armes connu aura consisté à se glisser dans le lit d’une nièce de la
dynastie puis de laisser tantine le hisser centimètre par centimètre.
Sans la
volonté de la cheftaine, Jordan aujourd’hui serait stewart chez Easy Jet.
Sauf
que sa mise sur orbite présidentielle a fait tourner la tête à ce dauphin d’opérette :
des mois à prendre la vedette et à rencontrer de vieux messieurs au MEDEF
charmés par son discours pro business attrape-tout lui a monté le bourrichon.
Et si je succédais à Emmanuel, se convainquit le paon en socquettes face à son
miroir numérique ?
Ils
furent nombreux autour, trop ravis d’exfiltrer Marine Tape Dur, à lui souffler
cette comptine qui faisait bien leurs affaires. Par-dessus bord la ligne sociale
et sa cohorte de gueux d’Hénin Beaumont, la place est plus chaude sous les
aisselles du CAC 40, dès le 7 juillet on se lance.
Patatras : les juges remettent la pécheresse blonde en selle !
Depuis, ça fait plus que tanguer même si Tanguy nous jure dix fois par jour que
non. La gaffe de la marche blanche pour Lyanna, le limogeage de son conseiller
économique, la reprise en mains des relations avec le grand patronat, la gaffe
d’outre-Manche, enfin le caca nerveux du Touquet quand Tantine remet Marion au
centre de l’affiche et l’écarte gentiment :
« C’est
elle ou moi », pesta Jordan avant de rentrer à la niche.
Marine,
on le sait, l’épuration en interne, elle est coutumière, Bardella peut aller à
ce sujet faire un stage chez Florian Philippot, débarqué comme un malpropre en
trois minutes top chrono. La débardélisation est donc en marche sur fond de « On
garde l’enfant chéri pour la galerie parce que c’est bon pour la présidentielle
mais une fois élue je ferai comme bon me semble en fonction des résultats obtenus ».
Ce en
quoi Madame Le Pen, outre reprendre la main comme les habitudes népotiques de
sa propre dynastie, ne fait en cela rien d’autre que de la politique : où a-t-on
vu qu’on élit un double ticket aux présidentielles ? Les seuls qui s’y
étaient risqués c’était Gaston Defrre en 1969 avec Mendez France en bonus :
ça a donné 5%. En politique, il faut connaître le poids des forces en présence
une fois passée l’élection pour en déduire le nom du premier ministre.
Et ça,
Jordan le bleu qui n’a même pas dépassé sa première année de droit ne l’a
jamais appris.

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