Le derviche tourneur de l'Elysée a encore frappé.
Notre derviche
tourneur élyséen vient une nouvelle fois de faire une danse de Saint Guy en faisant
de la main gauche le contraire de ce que le ventriloque lisant ses PowerPoint
énonçait.
Un an
après la reconnaissance de l’Etat de Palestine (une enfilade de promesses qui n’engagent
concrètement à rien et qui n’ont pas fait bouger d’un iota les exactions
israéliennes), le roi du en même temps passe à la tribune de l’ONU enfiler les
perles.
« Les
droits les plus élémentaires des Palestiniens sont encore bafoués ». « Quelle est
notre crédibilité si nous continuons de rester inactifs face à Gaza ?
Devons-nous contempler ce spectacle qui nous fait honte à tous ? »
Encore
des mots, toujours des mots …avant de quitter l’enceinte de l’ONU pour aller
faire ses emplettes dans les quartiers chics de New York.
Patatras !
On apprend quelques petites heures après que le même venait d’autoriser le survol
du territoire français de l’avion du premier ministre israélien, celui qu’il y
a quelques mois il entendait protéger sur notre sol du mandat d’arrêt émis
contre lui par la Cour pénale internationale pour crimes de guerre et crimes
contre l’humanité à Gaza. En vertu du Statut de Rome, la France est normalement
censée coopérer avec la CPI et ainsi arrêter toute personne sous le coup d’un
mandat d’arrêt lorsque celle-ci se trouve sur son territoire, même aérien.
Pourtant
notre Jupiter d’opérette qui le matin fait son intéressant devant ses confrères
décide de s’asseoir dessus, annulant ainsi la portée symbolique de son
lénifiant discours.
La
défense du peuple palestinien et la naissance d’un Etat Palestinien, freinées
des quatre fers par Netanyahou, attendront. En fin de mandat et en fin de
batterie, notre aimable suzerain décide conjointement de se faire mousser à peu
de frais tout en faisant le nécessaire pour laisser libre son camarade de jeu
de Tel Aviv. Un grand écart qui n’étonnera que les aveugles, tant le roitelet nous
a habitués à ces grands écarts permanents visant à imposer le mensonge en règle
de gouvernement : pas de vaccin obligatoire / vaccination obligatoire, restez
dehors et allez voter / confinez-vous, le scrutin européen n’a pas d’enjeux
nationaux / je dissous l‘assemblée nationale.
Tout et
le contraire de tout.
Ce qui lorsqu’on songe à ses éléments de langage lors de sa première campagne n’étonnera guère. Que disait-il, le pas encore Président ? Qu’il fallait avancer, marcher, réformer, agir, moderniser. Quoi, vers quoi, vers où et pour quoi faire, mystère.
On le devinait déjà dans l’emploi de verbes transitifs sans objet et dans cet appel au mouvement sans contenu et sans horizon : Emmanuel Macron fonctionne lexicalement comme un marchand de sable dont les traces à peine effectuées s’effacent telle une ardoise magique. Son pouvoir aura admirablement renouvelé l’art du mensonge : avec lui on ne dit pas « il y a pénurie de masques » mais « il y a un déficit du nombre attendu », ce qui revient exactement au même avec un emballage lexical différent. Aux cascades de mensonges de Donald Trump il oppose une méthode tout aussi pernicieuse et un tant soit peu mieux élevée : vider les mots de leur sens.

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