Les cerises trottinettes contre Didier Raoult.
Les
cerises trottinettes
contre le druide marseillais ont accouché d’un documentaire en quatre parties
diffusé sur HBO à compter du 11 septembre 2026. « Cerise » pour « cherry
picking », méthode scientifique consistant à écarter tous les faits qui ne
vont pas dans son sens, tel le patient décédé écarté de son échantillon par
Didier Raoult censé prouver la validité de sa potion magique, « trottinette »
en référence à l’affirmation qu’il fit en son temps, alléguant que le Covid
ferait moins de morts que les accidents de trottinette.
Ces « cerises »,
c’est un collectif de six anonymes qui ne le resteront pas dont la propre fille
de l’ancien patron de l’IHU de Marseille, docteur de métier et fâchée avec son
père avant l’arrivée de la pandémie. Ils se coltinent la première étude publiée
par le chercheur marseillais, relèvent l’échantillon plus qu’insuffisant et
mettent en lumière ses failles sur le plan scientifique.
Au
début ils crient dans le désert.
On
découvrira plus tard que Raoult possède les revues médicales qui publient ses
supposées découvertes, que celles-ci reposent sur des études cliniques souvent
bidonnées, qu’il publie à lui seul cent fois davantage que ses confrères et que
tout un écosystème de fake news médicales a été par ses soins mis en place sur
fond de management par la terreur.
Au
début se faire entendre tient de la gageure. Raoult a un CV impressionnant, son
passé scientifique est on ne peut plus costaud, il a certes des ennemis mais
bénéficie d’une aura qui le fait pénétrer le comité scientifique autour d’Emmanuel
Macron, qu’il finira par quitter en claquant la porte. Son assurance rassure
alors qu’on ne sait rien quant à ce virus et au moyen de le guérir, il parvient
à soigner Christian Estrosi … Surtout, une part importante de la population,
marseillaise mais pas seulement, l’adule.
Excellent
communicant, le savant s’autopromeut et devient une star sur YouTube. On se met
à scander son nom, à commercialiser des mugs et des bougies à son effigie, BFM
TV lui déroule le tapis rouge et le Président en personne se déplace avec des caméras
jusque dans l’IHU.
Ce phénomène
de starisation via les réseaux sociaux va générer petit à petit un gouffre qui
a peu à voir avec la science et la recherche, lesquelles nécessitent temps, prudence
recoupements, enrichissements et
contestations par ses collègues scientifiques, ce qui est la base même de la méthode
scientifique.
Or
Raoult et son public ne tolèrent qu’une seule voix, la sienne, une voix en l’occurrence
d’autorité. C’est le processus de déification d’un homme devenu icône qui ne
peut se tromper et ne doit pas être contredit. Quiconque tente de le faire est
taxé par l’intéressé dressé sur son hubris d’imbécile.
Quiconque
de fait critique ou remet en cause le dieu vivant devient pour sa secte la cible
de cyberharcèlements sur les réseaux sociaux. Karine Lacombe, très tôt montée
au créneau pour dénoncer l’imposture, sera moult fois menacée de mort et
inquiétée. Des adresses personnelles seront lâchées sur le net, des
contradicteurs sommés de se taire s’ils ne veulent pas en faire les frais.
Raoult
pénètre ainsi au fur et à mesure de la révélation de sa supercherie la sphère
complotiste qui le traite comme un dieu. Et il va peu à peu s’enfermer dans ce
miroir aux illusions où son égo envahissant est traité selon lui à sa juste
mesure. Incapable d’entendre raison et de poser genou à terre il va lentement
dériver et dans son sillon entrainer des anti systèmes par centaines de milliers
dépourvus contrairement à lui de la moindre connaissance scientifique.
Mis à
la porte de l’IHU, Raoult multiplie les procédures bâillon (six en tout)
financées sur fonds publics contre ses détracteurs qu’il perdra les unes après
les autres.
En 2024
le Conseil de l’Ordre des médecins obtient la condamnation de Didier
Raoult à deux ans d'interdiction d'exercice de la médecine jusqu'au 1er février
2027 (décision confirmée par le Conseil d'État en 2025).
En janvier
2025, il annonce se lancer dans l'industrie
cosmétique et crée une start-up spécialisée dans les crèmes anti-âge.
En
2026, il fait partie des dix chercheurs au monde ayant le plus d'études
scientifiques rétractées pour diverses raisons éthiques ou méthodologiques.
Interrogé
dans le documentaire, Didier Raoult estime qu’il n’a « pas de regret
à avoir » et n’a « fait que son métier ».

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