Le joueur de flûte cellulaire
Ils trottinent dans les rues, se bousculent sur les trottoirs, le museau collé à l’écran riquiqui de leurs cellulaires. Ecran entre le réel et les autres et eux qui les rive dans l’univers artificiel et virtuel de leurs vies. Tels des rats dans des cages ils reçoivent des stimuli, pardon, des messages ou des alertes de leurs dix applis ouvertes en permanence, temps de sommeil inclus. La première chose qu’ils ou elles font au réveil, avant le bol de café, est de lire puis répondre au smiley Pokemon reçu à 2 heures du matin et de sourire comme un benêt. Ils ont acheté leur chaîne et la caressent à chaque instant et la contemplent comme on regarde un mur avec des graffitis à décoder. Ils ne savent plus aimer, plus se concentrer, plus réfléchir, plus rien sinon obéir tels des pantins à des vibrations et passivement être dans la réaction à des intrusions. Les nouvelles technologies les ont avalés, ont avalé leur humaine part d’eux mêmes, celles-ci ont et et sont créées par des êtres r...